 clement Inscrit le : 22 fév 2008 Messages : 9 Localisation : Chez moi | Posté le 07-11-2008 à 02:12:26 c'est un poeme qui est assez vieux. Je n'arrive plus a ecrire comme ca maintenant ^^ mais bon: j'en ai un autre, c'est un récit que j'ai conté à l'oral un soir ou je m'etais drogué. c'est un ami a moi qui a ecrit pendant que je le declamais. Je l'ai un peu modifié par la suite:
Le soleil sombrait et la voiture roulait depuis des heures à travers le désert. Le moteur diesel rugissait comme une tempête. La chaleur était écrasante, et j'avais l'impression que le ciel bleu se courbait et se pliait dans tous les sens, prenant la forme d'une coupole, un arche en velours du soir, en satin d'azur moelleux qui tombait à pic dans la poussière des canyons. J'étais heureux, souriant comme un ange béat, avec mes longs cheveux retournés par le vent. J'imaginais une petite musique douce dans ma tête et tout semblait s'accorder merveilleusement avec l'infini du désert autour de moi. Cet espace broyé, vertigineux, était comme un tendre jeu de gangsters. Les cactus tordus en d'horribles formes squelettiques, le vent poudreux sur la dune, et les canyons, les gros canyons rouge vif ou mon regard se perdait et croyait encore voir des sioux chevauchant, le visage peint, vers le royaume de leurs cieux bien aimé, le nirvana végétal de tous les sorciers; j'aimais vraiment cet endroit.
Je roulais jusqu'au bout de la journée, en éveil, attentif, comme une bête vivant parmi les étranges créatures du Vide.
Dans la soirée, je me suis dit qu'a New York les gratte ciel commençaient à illuminer les bas-cieux et à chauffer les quartiers de la fête et des bagarres, qu'en Arkansas une vieille femme en robe à fleurs, tachée de confiture, rappelait ses enfants qui jouaient dans le champ de mais pour l'heure de la prière. Je compris qu'il était temps de s'arreter. Je me suis rangé sur le bas côté, au niveau d'un motel de route minable, plein de gens qui voyageaient, qui attendaient désespérément un regard à donner à leur misère, qui noyaient leur cervelle dans un bain d'alcool et de banquets. J'entrais la et je passais lentement devant les autres, tout seul comme un fantôme dans mon esprit autour du monde qui bourdonnait, plein de lumières confuses et d'yeux impitoyables. J'aimais vraiment cet endroit.
Le bruit de mes pas se faisait clair et sur de lui, au fur et à mesure que j'avançais. C'était comme si le contrôle de tout m'échappait soudain. J'étais arrivé dans cette étrange région, cet espace creux dans le temps ou rien n'a de sens, ou quelque chose d'infini de révèle et vous force à rejeter très loin de vous la notion de futur. Je sentais l'arme glacée, collée entre mon aine et mon jean; je savais qu'elle était la, et qu'elle pouvait tuer. Rien en ce moment précis ne pouvait m'empêcher de le faire. J'avais vidé ma conscience amie, étouffé sans savoir comment les tremblements si sages de ma peur. Il y avait tellement de monde dans cet endroit pourri. Les néons clignotaient, froides camisoles électriques, et le serveur prêtait un regard attentif à mon air imperturbable et rigide. Un homme se leva d'une petite chaise en plastique bleu pétard, et esquissa un mouvement de balancier avec les bras pour prendre son plateau de repas consommé. A mon regard proche de l'angle mort, je sentis ce geste de toutes mes forces, et mes muscles se crispèrent et se tendirent jusqu'à en chauffer, bandés comme des arbalètes. Ma main gauche, la main de l'ombre, froide, humide, chirurgienne inconsciente de mon dessein, plongea dans mon jean et en tira le revolver brillant de mille feu, tandis que des cris se levaient dans la foule autour de moi. Alors, executant le geste le plus simple du monde, je clignais des yeux. La flamme mortelle au bout de mon bras, et le bruit de la chute irrévocable, réel, puissant, éveillé dans un dernier râle mourant. Les cris. La peur. La mort. Le vide. Parfait. J'aimais vraiment cet endroit.
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