Posté le 01-08-2008 à 14:30:15 Demat Dit!!! (= bonjour!!)
Je recommence dans ma folie de la langue bretonne, et de ses histoires bien évidemment
Voici un petit début écrit par un jour d'orage comme je les aime
Il y a de bien nombreuses années, en un temps ou le christianisme menait une guerre sans merci aux créatures magique ; un missionnaire fut envoyé au petit village païen de Kredennkêr, vivant paisiblement sur la cote armoricaine. Le moine avait eu vent des racontars aux tendances hérétiques, se déroulant aux lisières de la forêt de Brocéliande. Le mysticisme païen y régnant, rendait ces lieux presque étouffants pour ses acolytes. S’était donc, soulagé, qu’il avait pris connaissance de son affectation sur la cote.
Pierre prit ses quartiers dans la petite église fraichement bâtie de Kredennkêr, peu avant la nuit du Samain. Sa venue fut source de murmures à l’auberge.
« T’es donc pas au courant ? Cet envoyé de la nouvelle religion a décrété qu’il ferait couper l’arbre aux fées ! il était même pas encore rentré dans sa foutue église qu’il a dit ça ! »
«J’étais sûr que cet étranger nous causerai du tort ! Une nuit avant celle du Samain qui l’es arrivé ! C’était tout indiqué !... Faut l’empêcher! Les fées vont se venger ! »
Mais que sont ces maigres racontars face à la toute puissance de la nouvelle religion, s’étendant comme la peste à travers le pays ? Le grand chêne fut bien évidemment abattu, sous le regard satisfait du prêtre. Ainsi le christianisme se répandrait-il en Bretagne ; sous la hache divine, éradiquant tout lieu de culte autre que la sainte église. La foule des badaud se dispersa en un gémissement plaintif, laissant, contemplative, une jeune femme à la longue chevelure rousse. Pierre la dévisagea, laissant son regard se porter sur le ventre arrondit de la jeune femme.
« Ton enfant viendra au monde dans la foi de Dieu. Je serais heureux de le baptiser. »
La femme ne daigna pas lui adresser un seul regard, puis après avoir marmonné quelques mots dans sa langue natale, elle s’en alla elle aussi ; laissant seul le missionnaire dans la pleine satisfaction de son acte.
Mélaine, car tel était son nom, quitta le village, marchant jusqu’à la cote. Là, se dressait les pierres sacrées ; les maisons des korrigans, craints par tous les habitants. Elle avait ressenti jusque dans ses entrailles le vent glacial quand l’arbre avait touché le sol ; tel un présage de mauvais augure.
La jeune femme s’approcha d’un des menhirs, mis genou à terre et toucha d’une main tremblante la roche froide. Alors silencieusement, elle s’adressa à eux,
« La chute de l’arbre aux Esprits n’est pas de notre fait. Ne vous en prenez pas à nous je vous en conjure. C’est là l’œuvre malfaisante d’un étranger à notre village, aidez nous à le contrer ! »
Alors même qu’elle prononça ce dernier mot, Mélaine senti son enfant bouger à l’intérieur de son ventre. La roche se fit plus chaude au creux de sa main. Des larmes coulèrent le long de ses joues. Elle rentra précipitamment : bouleversée.
Sur les coups de minuit, le menhir trembla, puis, lentement, se souleva. Si quelqu'un avait assisté à ce spectacle, quoi qu’il n’en serait surement pas revenu vivant pour le conter ; il aurait entendu des ricanements provenant du tunnel sous la pierre ; avant d’apercevoir de petits yeux rouges percer les ombres de la nuit.
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