 Lorelei22 
Inscrit le : 08 jan 2008 Messages : 433 Localisation : dans le trou noir qui a englouti le soleil | Posté le 09-04-2011 à 11:56:48 Hello!!
Voici les premières lignes que j'ai réussi à écrire pour mon nouveau roman ^^
" Un rayon de soleil réchauffait le pied nu qui sortait de drap quand il commença à s’éveiller. Il sentait son corps s’émouvoir et se prélasser dans le linge propre et récemment repassé. Son oreiller soutenait fermement mais tendrement sa tête. Le tout dégageait une légère odeur d’essence de lavande. Il inspira profondément, puis ouvrit soudain les yeux et se releva d’un seul mouvement quand il réalisa que tout ça lui était inconnu.
Il observa les murs peints d’un vert amande qui n’avait rien à voir avec la tapisserie décoloré de son studio rue Albert Camus. La fenêtre de bois aux rideaux tissés entre-ouverts. Il suivit du regard la chaude lumière qui pénétrait de cette interstice et venait à présent le caressait l’emplacement où, sous le drap, se trouvait sa cuisse, puis son torse. Il découvrit alors qu’il était vêtu d’une sorte de pyjama de coton tissé de couleur claire et quand il voulut poser les pieds au sol afin de se mettre debout, il fut surpris par la hauteur du lit.
Son cœur s’emballa. Si au début il s’était vaguement demandé dans le lit de quelle fille il avait encore atterri - et que si elle était vraiment si soigneuse au quotidien, il fallait qu’il la demande immédiatement en mariage – il comprenait maintenant que ce n’était certainement pas ça. Il enfila la paire d’espadrilles qui l’attendait pour toute descente de lit et se dirigea vers la fenêtre, dont il ouvrit les rideaux en grand afin de voir l’extérieur. Ce qu’il découvrit ne ressemblait à rien de ce qu’il ne connaissait, à commencer par la couleur du ciel, d’un bleu d’une intensité sans commune comparaison.
Dans son dos, il entendit le bruit d’un verrou, de clés et des voix. Une sueur glissa le long de son échine : l’avait-on enfermé ? Était-il prisonnier ? De qui ? Et pourquoi dans un tel confort ? Il espéra que les personnes qui s’apprêtaient à entrer dans la pièce lui expliquèrent. Ainsi, la porte s’ouvrit tout d’abord sur un homme blond aux yeux bleus, à la stature musculeuse et qui devait facilement attendre le mètre quatre-vingt-dix. L’homme qui conserva la main sur la poignée et s’était accolé à la porte, analysa en un regard périphérique l’état de la pièce dans laquelle il venait d’entrer ; évaluation qui engloba la présence et la position de son occupant. Puis il tourna la tête vers les personnes qui, en retrait, semblaient attendre un signal. C’est ensuite une femme qu’il évalua à une trentaine d’années, peut-être un peu moins, l’absence de maquillage ayant tendance à fausser son idée. Il fut surpris de constater qu’elle portait la même tenue claire que lui, tout comme le molosse par ailleurs. Elle portait des lunettes à la monture peu fine et de couleur métallique. Elle se tenait droite et s’immobilisa un instant en pénétrant dans la chambre afin de faire ce qui lui sembla être une nouvelle évaluation de sa situation et de le saluer en courbant légèrement le buste en avant vers lui, comme il l’avait vu faire dans de nombreux films, chaque fois qu’on mettait en scène les salutations faites par un asiatique. Ce mouvement plein de respect et de pudeur. Il nota par habitude du premier regard qu’il portait sur les femmes qu’elle avait les hanches plutôt larges Elle se déporta ensuite d’un pas sur le côté afin de laisser place aux suivants, Il se demanda combien de personnes pouvaient se dissimuler dans l’ombre de cette porte. Entra alors une entre femme, visiblement plus jeune et plus menue. Il lui parut aussi se tortiller plus qu’elle ne se déplaçait, et son salut se résuma à un timide hochement de tête, tant ses yeux ne semblèrent pas vouloir le quitter. Puis, dans l’encadrement de la porte, il vit surgir une autre masse trapue qui s’arrêta juste à seulement quelques centimètres de la sortie. Bref, il gardait les arrières.
Il fut si troublé par cette visite qu’à son tour il pencha le torse vers l’avant, dans ce qui lui sembla être une réponse aux salutations des dames. Dans un tout autre contexte, ce mouvement lui aurait paru ridicule et il aurait été regardé de travers, mais dans cette pièce, avec ces personnes, cela se présenta comme la chose la plus simple du monde. Les dames accueillir ce geste avec un sourire bienveillant, bien que leurs regards soient tintés de méfiance et de curiosité. D’un signe de la main, la première femme qui était entrée, visiblement celle qui avait la direction des évènements, l’invita à savoir sur le lit. Une fois qu’il fut installé, elle positionna une chaise face à lui, en conservant tout de même une distance de sécurité raisonnable, et son assistante resta debout derrière elle.
La jeune femme assise déposa alors crayon et bloc-notes sur ses genoux et le fixa droit dans les yeux. Les choses sérieuses allaient donc commencer, pensa-t-il, non sans une déglutition bruyante d’appréhension.
« Je me présente. Mon identifiant est Elaine 2-01-583 (note pour moi 2 = sexe féminin, 01 = numéro du centre de naissance, 583 = position de naissance avec ce prénom et ses premiers identifiants dans le système Galanne). Je suis dans ma 27ème année. Je suis actuellement chargée de soins et de recherches au niveau du cerveau, que l’on appelle plus couramment une cerebram. Je suis spécialisée dans les cas de dérèglements excessifs ou dangereux. C’est moi qui vous prendrais en charge tant que vous serez en pénitence. »
Dès le départ, il se demanda s’il n’était pas en train de rêver, ou encore de tester un nouveau jeu interactif extrêmement évolué. Mais il sentit bien le goût du sang dans sa bouche lorsqu’il se mordit en entendant qu’il était en ‘pénitence’. Devait-il comprendre par là qu’il était en prison ? qu’avait-il bien pu faire pour s’y retrouver ? il tenta d’éclaircir un peu les choses, en espérant qu’elles puissent l’être.
« Seriez-vous en train de m’expliquer que je suis dans prison ou dans un asile ?
« Je ne sais pas ce que vous entendez par ses mots, mais s’ils signifient des lieux où vous êtes privés de vos libertés, c’est cela.
« Heu, oui de ça que je parle. Et plutôt du côté des fous ou des criminels ?
« Pourriez-vous m’expliquer ce que vous souhaitez savoir ?
« ça paraît pourtant simple, je voudrais savoir ce que je fais là ! » dit-il en perdant son sang-froid.
Cela sembla d’ailleurs aussi réveiller la masse de muscles qui se tenait vers la porte, mais un simple coup d’œil de la part de celle qu’il tirait les rennes, dans leur direction, suffit à leur signifier l’immobilité.
« D’une certaine façon, je suis là pour vous l’expliquer. A condition que vous soyez vous-même coopératif.
« C’est-à-dire ?
« Vous avez été découvert inconscient dans une ruelle et absolument inidentifiable. Vous aviez sur vous des documents et des illustrations de vous. Peut-être pourriez-vous commencer par nous dire qui vous êtes ?
« Je m’appelle Hugo Meunier. J’ai 29 ans. Et je suis employé libre-service.
« Vous n’avez pas de numéro d’identification ?
« A part celui de la Sécu ou ma date de naissance ?
« Donnez-les-moi.
« Je suis né le 14-02-1991 et mon numéro de Sécu je ne le connais pas par cœur. Vous devez l’avoir sur ma carte vitale.
« Votre carte vitale ?
« Oui, la carte verte dans mon portefeuille.
« Celle-ci ?
« Oui. »
Il se sentit tout à coup extrêmement fatigué. La perspective de se trouver dans un lieu inconnu avec des gens qui ne comprenaient pas de quoi il parlait et qui l’avaient emprisonnés ne lui augurait rien de bon. L’abattement pris rapidement possession de lui.
« Ca ne va pas Hugo Meunier? »
Visiblement, elle ne devait pas savoir ce qu’étaient un nom et un prénom.
« Je me sens fatigué.
« Vous sentez-vous mal ?
« Non, juste fatigué.
« Voulez-vous que nous reportions notre entretien ?
« Non, non, allez-y. Au point où j’en suis, ça ne doit pas pouvoir être pire.
« Selon votre souhait. »
Il s’escrima donc pendant ce qui lui sembla être de longues heures et qui en fait n’en était qu’une à expliquer ce qu’étaient les documents qu’il avait sur lui – carte d’identité, permis de conduire, carte verte de sa voiture, etc. – et tenta de justifier ce qu’il n’avait pas – d’après son interlocutrice, une sorte de puce implantée dans le sternum qui permettait l’indentification de toute personne. Il n’eut pas le courage, ni la curiosité de se renseigner sur le « monde » dans lequel il semblait avoir atterri comme par enchantement, une expression qui prenait alors tout son sens. Il demanda à pouvoir se reposer un moment, ce qui ne sembla poser aucun problème. Elaine – c’est comme ça qu’il fallait l’appeler, l’avait-elle instruit – lui indiqua qu’un repas allait lui être servi et qu’elle viendrait en personne lui présenter son travail de pénibilité. Il ne prit même pas la peine de chercher à savoir de quoi elle parlait. "
Je sais, ça fait beaucoup de lecture d'un coup... mais vous avez le temps |