 cry 
Inscrit le : 03 mai 2005 Messages : 5 Localisation : france | Posté le 19-02-2009 à 23:23:02 Bonsoir à toutes et à tous! Ca fait trèsss longtemps que je n'ai pas posté ici (si bien qu'il ne doit plus en avoir de trace)
J'adore créer des histoires et dessiner, et j'écris de temps en temps pour me vider l'esprit. Je poste ici un extrait d'une histoire qui me sert d'exercice. Contexte: héroic fantasy. magie! poursuite! Voiloù. Si vous avez des conseils pour m'améliorer ou que vous voyez des tics d'écriture qui ne devraient pas être là, je vous écoute.
Mais voici l'extrait!
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Mirage - introduction
La pluie cessait enfin de tomber sur la région d'Ordalie, que l'on surnommait la vallée morte, et le soleil perçait de ses rayons les nuages noirçis. Un de ses rayons vint illuminer une vieille hutte au bord d'une rivière, et une frêle silhouette masculine se risqua à montrer le nez dehors, avant de disparaître aussitôt derrière la porte brisée.
Le jeune garçon ne savait plus depuis combien de temps il se terrait dans sa cachette de fortune: une hutte abandonnée avec des murs construits de paille et de boue, humide, avec une odeur putride y régnant, laissant supposer que des évènements funestes y ont eu lieu.
Cela faisait deux jours qu'il était poursuivi. Ne s'étant reposé que par trois fois, et ce, en ne dormant que d'un oeil, il fuyait sans relâche les hommes en noir du grand gouverneur. Il n'était pourtant pas d'aspect dangereux: De taille moyenne, la silhouette fine, les cheveux bruns et la peau métissée, son seul signe distinctif était la couleur de ses yeux: mauves. Cela suffisait-il donc, au sein de cet empire rempli d'étrangetés, à faire de lui un ennemi de première catégorie?
Les hommes en noir ne se posaient cependant pas cette question. Gatio, le gouverneur de la province d'Ordalie, leur avait demandé en personne de lui ramener la tête du garçon aux yeux violets. Le simple fait qu'il n'ait pas eu recours, comme à son habitude, à ses représentants, avaient galvanisé le groupe d'assassins de la province. Leur sens aiguisés et leur démarche sauvage leur avait valu le surnom de loups d'Ordalie.
Ils étaient au nombre de trois, et étaient armés d'arcs et de longs couteaux. Un grand chaperon noir recouvrait la moitié de leur visage, de sorte qu'on ne voyait jamais complètement celui-ci, et qu'il était impossible d'y déchiffrer quelconque expression. Cependant, on pouvait deviner à leurs mouvements que leur recherche leur causait quelques tourments.
Le plus grand des trois ne cessait de scruter avec nervosité les alentours en quête de sa proie. Ils traversèrent la vallée morte, sans se reposer, jusqu'à arriver là où se tenait un village abandonné après un incendie. Il restait encore des débris de maisons en paille à moitié brûlée, et la récente pluie tombée faisait ressortir des cendres une odeur pestilentielle, empêchant le chef loup de se concentrer comme il le voudrait. Mais il sentait qu'il était près de son but.
« Alcyone, tu as peur? »
Une voix venant du sol siffla aux oreilles du jeune homme caché dans la hutte. Celui-ci serra ses genoux contre sa poitrine et claqua des dents.
Dégage, le monstre, répondit-il.
« Tu vas crever, admets-le. Sors de là et finis-en tout de suite. Tu te fais du mal, tu ne crois pas? »
VA-T'EN!, cria Alcyone.
La voix semblait venir de l'ombre de celui-ci. Elle changea doucement de forme, pour prendre celle d'un oiseau aux ailes pointues, ressemblant à un corbeau, mais cependant avec un cou beaucoup plus long. La forme prit du volume et se redressa d'un mouvement gracieux, vers le visage d'Alcyone, pour finalement ouvrir un oeil unique et rouge vers sa direction.
VA T'EN! , cria t-il une fois encore, paniqué, essayant de donner des coups de pieds sans effet dans la forme fantomatique.
Le corbeau cyclope esquissa une sorte de sourire hideux, avant de replonger dans le sol et de disparaître. Alcyone se rendit compte avec effroi que les loups l'avaient sûrement repéré à cause de son cri. Il se releva et saisit son couteau, prêt à bondir hors de la hutte.
Le chef loup marcha sans bruit vers la hutte la moins ravagée par le feu, celle où il avait entendu des hurlements. Il banda son arc en direction de la porte à moitié mangée, et ne bougea plus. Ses deux acolytes se placèrent de part et d'autre de la hutte, formant à eux trois un triangle.
Alcyone sentit des gouttes de sueur perler sur son front. Sa main gauche tenant son couteau tremblait, et il n'arrivait pas à déterminer de quel coté les loups allaient arriver.
« Je vais mourir », pensa-t-il. « Comme le monstre le dit. Mais avant ca, il faut au moins que j'en emmène un ou deux avec moi. Ca je peux, je peux le faire. »
Alcyone ferma les yeux en fronçant les sourcils, et se concentra; lentement, il laissait retomber la tension, afin de ressentir le moment où, quand il devient impossible de reculer, chaque être humain est capable de réaliser un acte qu'il croyait une seconde auparavant impossible; Il oublia les tremblements de sa main, puis l'odeur de la paille, l'humidité sur ses vêtements, et se concentra sur les sons.
« Ils sont au nombre de trois. »
Alcyone les vit clairement dans son esprit. Il sut. Deux huttes en très mauvais état espacées par une route, par laquelle les loups venaient de passer; Une nervosité et une confusion farouche les animant. Lorsqu'Alcone utilisait son pouvoir, ce que certains ne faisaient que supposer ou déduire, Alcyone les savaient déjà. Il ressentait clairement les émotions de son entourage et avait une vision globale de son environnement. Cependant, après ces courts instants, une douleur tenace à la tête le prenait, au point, parfois, de l'imobiliser complètement.
Il entendit le bruit des pas des loups sur le sol, puis un long silence. Il capta le bruit crée par l'arc du chef loup, et le crissement des couteaux sortant de leurs fourreaux. Il réfléchit à ses avantages face à ses adversaires.Il avait le pouvoir de voir ce qui est invisible au commun des mortels, et de rendre existant ce qui ne l'est pas par la simple pensée; Il savait que face aux confirmés, il était comme un infirme en terme de connaissances, mais aujourd'hui, il était au pied du mur: c'était la chance ou la mort.
Alcyone bondit hors de la hutte en poussant un cri strident, tenant le couteau à deux mains vers l'avant, et fonça vers le loup le plus proche. Surpris par sa démarche, celui-ci tenta un coup de couteau, qui manqua sa cible, et Alcyone profita de la seconde d'inattention du loup pour planter le sien dans l'épaule droite du loup.
Le loup poussa un cri effroyable, tandis qu'Alcyone le jetait à terre.
C'est un sorcier! Sorcier! Il savait où je me trouvais!, lanca t-il à ses compagnons.
Il n'eut pas le temps d'en dire plus, car Alcyone utilisa le couteau pour lui trancher la gorge.
« Je peux le faire, pensa t-il. Je peux le faire, et survivre! »
Un rictus hystérique naquit sur le visage d'Alcyone. Il sut qu'une flèche allait siffler près de son oreille, et il lâcha le cadavre en sautant sur le coté. En se relevant, il fixa le loup chef qui recula d'un pas en voyant les yeux mauves du garçon luire. Le loup chef sentit ses jambes s'alourdir et sa tête tourner. Alcyone s'avança, visa et lança son couteau qui se planta dans l'oeil gauche du loup.
Mais il réalisa qu'il avait fait une erreur, car il lui restait maintenant un obstacle: le troisième et dernier assassin, sachant que son couteau était désormais hors de sa portée. Il opta pour la solution la plus risquée qu'il appelait « tricherie »: il ferma les yeux, tendit les bras, fit le vide quelques secondes et se visualisa intérieurement un décor imaginaire.
Le dernier loup resta intrigué un moment, avant de viser Alcyone avec son arc. C'est alors qu' un vent violent se le va et poussa violemment le loup, qui chercha à s'appuyer sur ce qu'il pu trouver, c'est à dire un arbre. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il vit sa main traverser le tronc et se sentit tomber sur le sol. Le temps de réaliser ce qu'il lui arrivait, un couteau se planta dans son bras.
« J'ai triché. Quand tu es en face d'un augure, ne te fie pas à ce que tu vois! »
Galvanisé, Alcyone fut pris d'un fou rire nerveux tandis qu'il tendait de reprendre son souffle. Il fut de courte durée, car le loup lui colla un coup de poing dans le ventre avec son bras valide.
« Espèce de monstre! Je ne sais pas comment tu as fait ca, mais je ne te laisserais pas l'occasion de recommencer!
Le loup se jeta sur Alcyone. Il était bien plus fort que lui, et malgré son bras blessé, il était encore redoutable. Il étrangla Alcyone qui tenta désespérément d'échapper à son emprise. Alcyone sentit sa conscience fléchir.
«Tu as fait un acte désespéré, n'est-ce pas? Pauvre imbécile. Tu aurais mieux fait de te laisser attraper sans rien dire. Je vais te ramener auprès de mon maître, et tu vas regretter d'être en vie, après le traitement qu'il va te réserver! »
Alcyone eu l'impression de sentir le regard rouge du corbeau cyclope l'observer, alors que son esprit plongeait dans les ténèbres. |