 totbung 
Inscrit le : 06 jan 2006 Messages : 450 Localisation : dans les trains... | Posté le 19-03-2010 à 13:14:43 Bonjour à tous,
Merci pour vos messages, vous m'avez redonné envie d'écrire ici, je crois que je vais recommencer 
Disons pour faire simple qu'un petit commentaire de temps en temps me ferait plaisir, mais j'essaierai de ne plus les attendre, je ne veux pas vous obliger à m'en laisser, ce n'était pas le but.
A la prochaine, prenez soin de vous et que Dieu vous protège,
Totbung
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Lorsque Mido Ban rencontra Amano Ginji
Juste après le meurtre de Yamato, Mido Ban décida d'aller au Mugenjo. Je raconte ici comment j'ai imaginé la rencontre entre lui et Amano Ginji.
Le combat semblait durer depuis des jours. Mido ricana face à l’empereur du tonnerre. Tous deux étaient à bout de force, mais continuaient à se battre, comme si le reste n’avait plus aucune importance. Il esquiva une nouvelle attaque de boule plasma qui vint fissurer le mur derrière lui. Son adversaire était coriace, le premier à être rester aussi longtemps debout, face à lui.
Pour cette force, Mido devait admettre qu’il respectait Raïtei. Il avait enfin trouvé un adversaire à sa taille. Les yeux dorés ne le quittaient pas des yeux, sans aucune crainte face aux yeux démoniaques. En cela aussi, le blond forçait l’admiration. Parmi ceux qui protégeaient la ceinture inférieure, il était le seul à oser le regarder en face, sans aucune peur. Les autres avaient fui le combat, détourner leurs yeux de ces deux saphirs les avait voués à un échec plus que cuisant.
Le brun les aurait tués sans hésiter si le blond n’était pas intervenu. Leur combat avait commencé, un combat à mort où Mido déployait toutes ses capacités martiales. Bizarrement, il n’avait pas utilisé le Jagan, voulant combattre le blond à la loyale. Le chaos qui occupait son cœur était tenu en respect, tant le maître du Jagan devait se concentrer pour rester en vie. Il en était vaguement reconnaissant à son adversaire, il se sentait en vie, même s’il n’était plus qu’une coquille vide sans attache.
Au soir du troisième jour de combat, il vit enfin Raïtei tombé à genoux, après une attaque particulièrement vicieuse du maître du Jagan dans ses jambes. Le snake bite lui avait permit de briser la jambe de son opposant et le blond semblait enfin à sa merci. Goguenard, Mido s’avança, sa tristesse revenant au triple galop. Il empoigna les cheveux blonds et força Raïtei à relever la tête, lui demandant s’il voulait être achevé rapidement. En fait, Mido espérait secrètement que son ennemi se relève pour le tuer, lui, le monstre qui n’avait plus rien à perdre.
Mais, pendant qu’il relevait la tête du blond, Mido sentit son souffle se couper. A la place des yeux dorés de Raïtei, deux yeux chocolat le regardaient. Des larmes roulaient sur les joues de Ginji tandis que le blond hoquetait : « Pourquoi veux-tu mourir ? Pourquoi cherches-tu à te faire tuer ?
- Nom d’un chien… » Ban se sentit happé dans les yeux marrons et y lu une tristesse aussi profonde que la sienne. Leurs deux solitudes se faisaient écho, leurs âmes se répondaient. Dans les yeux de Ginji, Mido le sentit hurler son désespoir, et ses yeux bleus se troublèrent. Malgré ce désespoir, le blond avait trouvé le moyen de pleurer pour lui, le monstre.
- Achève-le, et tu deviendras le nouvel empereur du Mugenjo. » lança méchamment une voix dans le dos de Ban. Relâchant Ginji et pivotant lentement, Mido remarqua alors une dizaine de gars, peut-être plus.
- Et pourquoi je ferais ça ? », demanda Ban, cherchant à gagner du temps. Dans sa tête, il avait pris sa décision, il épargnerait l’empereur.
- Si tu n’es pas capable de le faire, nous le ferons à ta place. » gronda une autre voix.
Les ennemis commencèrent à se rapprocher, resserrant le cercle. ‘Trop nombreux’, pensa Ban, il n’arriverait jamais à les combattre tout en protégeant celui qu’il avait décidé d’épargner. Il sentit alors un puissant souffle, un crépitement audible tandis que ses cheveux se dressaient sur sa tête. Il entendit l’un des hommes crier : « Vous aviez dit qu’il était hors d’état de nuire ! » Se retournant d’un bloc, il vit l’empereur debout, les yeux marron le regardant avec douceur et tristesse. Par-dessus le bruit de l’électricité claquant dans l’air, il entendit Ginji lui dire : «Pars, je m’occupe d’eux.
- On va les combattre ensemble !, refusa Ban en secouant la tête.
- Je ne… pourrais pas… le retenir… encore longtemps… » La voix de Ginji se hachait, des flashs de doré apparaissaient dans ses yeux. Fou de douleur et de tristesse, le blond hurla : « PARS ! »
L’énergie électrique se concentrant encore en lui, les yeux dorés s’ancrèrent par-dessus les yeux chocolat et Raïtei reprit le contrôle. Il commença à massacrer un à un les types de la Beltline, avec la même férocité qu’il avait attaqué Ban précédemment. Les boules de plasma devenaient de plus en plus énormes, et la rue où ils étaient commença à ressembler à un cratère fumant. Ban observait, inquiet. Il n’avait pourtant pas rêvé la douceur du regard que lui avait adressé le blond. Il en aurait mis sa tête à couper. Et cette douceur lui avait transpercé ses défenses, attaquant le mur de glace autour de son cœur. Mido avait aussi senti le désespoir du blond, aussi profond que le sien, et son inquiétude quand Ginji lui avait hurlé de partir, pour le protéger, lui, le monstre.
Avec un sourire excité de quelqu’un cherchant la bagarre, Raïtei vint se placer devant lui : « Prêt pour combattre ? » Mido le regarda, sans aucune colère dans le regard. Il plongea ses yeux bleus dans le regard doré. Dans ces mêmes yeux, il y avait vu de la douceur, là où maintenant ne brillait que la haine et la tristesse. D’une voix inquiète, le maître du Jagan appela du plus profond de son cœur les yeux marrons, et demanda d’une voix sourde : « Où es-tu ? »
Face à ce regard doux et sans animosité, le blond hésita, incertain. Les yeux marron flashèrent sur le regard doré, tandis que les mains se mettaient en position pour former une nouvelle boule de plasma. Mido ne bougea pas un muscle, se tendant, prêt à esquiver. Raïtei commença à ricaner, ce ricanement semblait tordu, comme s’il essayait d’empêcher un autre son de sortir de sa gorge… Mido vit une larme perler au coin des yeux du blond, puis une autre. Raïtei commença à former une boule mais un hurlement rauque jaillit de sa gorge : « NOOOOOOOOOON ! »
Relâchant brusquement le plasma vers le ciel, le blond tomba à genoux et se mit à sangloter. D’instinct, Mido sut qu’il n’y avait plus de danger et se précipita. Entourant les épaules du blond, il le prit dans ses bras pour le serrer contre lui. Il l’entendit gémir : « Je ne veux plus être Raïtei, je ne veux plus détruire, je ne veux plus ! » S’accrochant au sweat de Ban, le blond relâcha enfin des mois de tensions en pleurant à chaudes larmes : « La prochaine fois, je n’arriverai pas à revenir, je risque de tout raser, j’ai trop de pouvoir ici, je ne veux pas faire du mal. » Les phrases hachées coulaient enfin de sa bouche, il voulait que quelqu’un l’aide, que quelqu’un le soutienne. Désespéré, il s’accrochait à Ban pour chasser Raïtei, il était terrorisé de ce qu’il avait failli faire.
Mido continua à le serrer dans ses bras et commença à murmurer : « Je suis là, je ne te laisserais pas redevenir Raïtei. Je t’aiderai pour que tu restes toi-même. Tu n’auras plus à redevenir l’empereur de la foudre, je t’aiderai. » Ginji pleurait, s’accrochant à la voix de Ban, pour ne pas écouter l’invitation tentante de laisser Raïtei reprendre le contrôle. Raïtei avait beau lui promettre l’oubli, Ginji savait que cela se solderait par la destruction de tous ceux qu’il aimait. Le blond se mit à supplier : « Aide-moi, je t’en supplie, ne le laisse pas me reprendre, ne me laisse pas tout seul. » Le cœur du maître du Jagan se serra, le désespoir de Ginji était aussi grand que le sien. Doucement, il serra encore plus étroitement le jeune blond contre lui, continuant à lui parler : « Je suis là, je ne te laisserai pas. »
Après un long moment, le blond finit par s’endormir dans ses bras, épuisé moralement et physiquement. Ban se releva, et, à l’aide du pouvoir d’Asclépios, transporta l’empereur dans un bâtiment à l’abri de la pluie. Lui aussi était épuisé, mais il n’arrivait pas à dormir. Tirant un paquet de cigarettes et un briquet de sa poche, Mido se mit à fumer en surveillant son protégé. Ses pensées se mirent à vagabonder mais une question revenait, lancinante : ‘Qui es-tu ?’.
Le brun n’arrivait pas à quitter des yeux le blond endormi : ‘Je ne sais même pas ton vrai nom, mais je sais que je veux rester auprès de toi. Et que si quelqu’un touche à un cheveu de ta tête, il aura affaire à moi.’ Il vit le blond s’agiter dans son sommeil, et s’approcha de lui. Posant une main sur le torse de Ginji pour l’empêcher de bouger, il déposa l’autre main sur son front. ‘Bon, au moins, tu n’as pas de fièvre. Mais avec ta chemise trempée, tu vas attraper un coup de froid.’ Ban remarqua alors que Ginji s’agitait moins, comme si la présence de Ban avait chassé son cauchemar et le brun ne put s’empêcher d’esquisser un sourire.
« Tsk, je ne tourne vraiment pas rond » murmura le brun pour lui-même. Prudemment, comme s’il s’agissait d’une poupée de porcelaine, Ban enleva à Ginji sa chemise puis le rallongea. Il ôta alors son sweat, trempé lui aussi, et alla dénicher quelques étagères et papiers qui traînaient. Il les assembla non loin de Ginji et prépara une flambée afin de les réchauffer tous les deux. Une fois le feu lancé, Ban sentit le sommeil le gagner peu à peu.
Il regarda le visage de Ginji encore une fois, à la lueur des flammes. Reprenant son monologue intérieur, Ban pensa : ‘Tu as vraiment l’air d’un ange, endormi comme ça, sans défense. On dirait que tu me fais confiance, mais tu as tort de faire confiance à un monstre au cœur de glace comme moi. Je me demande d’ailleurs comment tu as pu pleurer pour un type comme moi.’ Repoussant une mèche blonde, Ban soupira en repensant à ce moment. ‘Quel que soit ton nom, tu m’as donné une raison de vivre. Je n’ai plus envie de mourir, j’ai envie de te protéger. Même si je ne suis pas quelqu’un de bien, je tiendrai de mon mieux la promesse que je t’ai faite.’
Le blond s’agita de nouveau, et Ban prit sa main dans la sienne. Le visage se détendit, même s’il semblait toujours triste. Intérieurement, Ban se demanda alors : ‘Bon sang, qu’est-ce que tu as vécu pour être aussi triste ?’ S’allongeant entre Ginji et le feu, Mido laissa sa main dans celle du blond. Ce dernier se roula en boule autour de la main de Ban. Attendri, le maître du Jagan se permit un petit sourire avant de s’endormir, son cœur le laissant en paix pour la première fois depuis un long moment.
Le lendemain matin, Ginji s’éveilla avec la lumière du soleil. Se redressant, il essaya de se rappeler ce qu’il s’était passé la veille. Une voix transperça alors le brouillard : « Bien dormi Electric Boy ? » Relevant la tête, le blond vit une silhouette se détacher à contre-jour. Il mit sa main en visière tandis que Ban approcha et s’accroupit à côté de lui. Lui tendant sa chemise, Mido demanda : « ça va ? On dirait que tu es dans le coltard.
- Tout est flou dans ma tête. », répondit Ginji. Ban blêmit, et si le blond était amnésique ? Inquiet, il demanda : « Tu te souviens de quoi exactement ? »
Les yeux bleus reflétèrent son état d’esprit. Sentant la sincérité dans le regard de son vis-à-vis, Ginji baissa la tête, fronçant les sourcils. S’obligeant à réfléchir, il se prit vivement la tête entre les mains en laissant échapper un cri de panique. Le brun lui attrapa les poignets en voyant les ongles du blond s’enfoncer dans ses joues et les écarta fermement du visage de Ginji. Il s’exclama : « Arrête ! Tu vas te faire mal !
- Je… J’ai… Est-ce que… », Ginji était effrayé, il n’arrivait pas à terminer ses phrases.
- Calme-toi, nom d’un chien ! Je ne comprends rien.
- Raïtei, je me souviens, je l’ai laissé prendre le contrôle, enchaîna rapidement Ginji, ses yeux marrons inquiets plongés dans ceux de Ban, est-ce que j’ai tué des gens ?
- Non, enfin, si, tu as tué des gens, mais c’était de la légitime défense, ils allaient nous tuer sinon, alors ce n’est pas grave, d’accord ?
- Pas d’innocents ?, demanda Ginji, encore sous le choc.
- Pas d’innocents. », répondit gravement Ban.
Ginji soupira de soulagement et regarda Ban, esquissant un faible sourire. Mido le relâcha en bougonnant et se prépara une cigarette. Enfilant sa chemise, le blond le regardait, tandis que peu à peu, tous ses souvenirs revenaient. Toussotant, le blond attira l’attention du brun et, fixant sans crainte les saphirs démoniaques, dit d’un ton chaleureux : « Merci pour hier soir et merci aussi pour ce que tu viens de faire. » Ban le regarda, étonné que le blond le regarde sans peur. Tirant sur sa cigarette, le brun murmura : « Tu n’as pas à me remercier.
- Je crois qu’on ne s’est pas présenté. Je m’appelle Ginji, Amano Ginji. », déclara le blond en lui tendant la main. Fixant d’abord sans bouger la main que le blond lui tendait, le brun hésita puis lui serra la main : « Ban, Mido Ban. »
Le blond sourit en réponse, sentant que Ban avait du prendre sur lui pour répondre aussi amicalement. Les deux jeunes gens se regardaient, le sourire de Ginji faisait fondre doucement et sûrement la glace autour de Ban. Le maître du Jagan pensa ‘Pourquoi est-ce que j’ai tant envie de le prendre dans mes bras pour le consoler ? Son regard est encore si triste.’ Se raclant la gorge, Mido finit par lancer, ironique : « Vu que je t’ai battu, tu peux m’appeler Mido-sama ou Ban-sama. »
Ginji le regarda avec des yeux ronds puis commença à rire, un rire enroué mais un rire tout de même. Perplexe, Ban haussa un sourcil et regarda le blond se tenir le ventre : « Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ?
- Non, non, rien, j’ai cru pendant un instant que tu étais sérieux, expliqua Ginji entre deux rires.
- Mais j’étais sérieux, fit Ban, ne pouvant s’empêcher de sourire face au visage de Ginji.
- Je ne te crois pas, Ban-chan ! » répliqua le blond, sûr de lui, vite repris par son rire.
Mido resta interdit, cela faisait des lustres depuis qu’une personne s’était adressé à lui aussi familièrement. Mais le rire de Ginji continuait, s’envolait. Qui plus est il était contagieux, et le sourire de Ban s’élargit encore, heureux d’entendre l’empereur rire enfin à gorge déployée. Ban finit par sauter sur Ginji et se mit à le chatouiller : « Tu aimes te moquer de moi ? Alors défends-toi ! » Ils roulèrent l’un sur l’autre, Ban continuant à chatouiller un Ginji hilare jusqu’à ce que le blond relâche une charge électrique sans le vouloir. Ban se redressa, agrippant son bras en grimaçant. Ginji se précipita vers lui et s’excusa : « Ban-chan, je suis désolé ! Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas ri, je n’ai pas fait gaffe ! »
Ban vit que les yeux de son ami viraient à la tristesse et n’y tint plus. Se lançant sur Ginji, il le fit brutalement basculer en arrière et se remit à le chatouiller. Inquiet, se démenant pour échapper aux chatouilles, Ginji lui bloqua les mains, mais sa prise se retourna vite contre lui. Ses poignets immobilisés par une poigne de 200kg, il sentit Ban lui dégager les mèches qui cachaient ses yeux. Bien qu’essoufflé, Ban n’était pas en colère le moins du monde. Les yeux bleus de Ban regardèrent le visage de Ginji avec douceur et il murmura : « C’est bon, Ginji, ce n’est pas grave, on fera gaffe la prochaine fois. C’est agréable de t’entendre rire. » Il sourit et passant sa main sous la chemise du blond, il remontait pour trouver l’endroit où Ginji semblait le plus chatouilleux quand il s’arrêta net en voyant les yeux de son ami briller, plein de larmes.
Ginji avait senti des larmes affluer dans ses yeux, un mélange de joie, de soulagement et d’inquiétude résiduelle. Il chercha à les cacher, instinctivement, comme il le faisait face à ses généraux. Mais Mido avait vu les larmes arriver et, relâchant les poignets de Ginji, il le prit dans ses bras. Sans réfléchir, il se mit à le bercer : « Ginji, si tu veux pleurer, pleure, si tu veux rire, ris. Mais surtout, ne te sens pas obligé de faire semblant avec moi. Je sais que tu te sens seul, moi c’est pareil, alors si tu veux bien de moi, je resterai avec toi. Je ne pourrai jamais te faire de mal et jamais je ne te laisserai seul, tu m’entends ?»
Les barrières du blond volèrent en éclat et il se mit à pleurer. Se raccrochant comme la veille dans les bras de Ban, Ginji laissa ses larmes couler, des larmes de bonheur de se sentir enfin compris et libre de s’exprimer. Son visage caché dans le cou du brun, il murmura : « Merci Ban-chan, je n’ai plus l’habitude de me laisser aller, j’ai peur de ce que penseraient les autres… » Après un silence, il ajouta dans un soupir : « ça fait du bien de rire et de pleurer librement. »
Se détachant à regret de Ban, Ginji finit par essuyer ses larmes avec la manche de sa chemise. Il sourit courageusement, et Ban sentit que, si les blessures de son ami étaient loin d’être fermées, il avait réussi à ce que le blond se confie, un bon premier pas, il l’espérait. Mido se leva et lui tendit la main : « Allez, viens, je connais un endroit où on pourra manger tranquille. Je ne sais pas toi, mais j’ai la dalle. Et si tu as envie de quoi que ce soit, tu me dis, d’accord ? » Ginji prit cette main tendue et se releva.
Ensemble, ils sortirent du bâtiment. Ginji tourna la tête vers le cratère et s’avança jusqu’au bord. Il s’agenouilla, il se sentait nauséeux. Une main se posa sur son épaule et il se retourna. Ban le regardait, sans rien dire. Mais sa main était toujours sur son épaule, rassurante. Les yeux du blond exprimaient de la détresse, tandis que Ban essayait de lui donner du courage. Soupirant, Ginji posa sa main sur celle de Mido, sentit sa chaleur.
Regardant une dernière fois au fond du trou, il se releva et expliqua à Ban : « A chaque fois que je deviens Raïtei, je n’arrive plus à me souvenir de quoi que ce soit. Hier, quand on a commencé à se battre, j’étais tellement en colère du fait que tu aies mis mes amis à terre que je l’ai laissé prendre le contrôle. Je n’aurai pas du, je ne me souviens plus de rien après, jusqu’au moment où j’ai senti mon tibia se briser.
- Pour info, il s’est passé trois jours entre les deux, l’interrompit Mido.
- Trois jours ?, questionna le blond, abasourdi.
- Yep. Continue, j’arrête de t’interrompre.
- Ben, en fait, je n’ai pas grand-chose à dire de plus. Disons que quand Raïtei a pris le contrôle, j’ai eu le temps de réfléchir. Et j’ai fini par comprendre pourquoi tu nous avais attaqués.
- … » Ban gardait le silence, il devinait où Ginji voulait en venir.
- C’est à ce moment que j’ai senti mon tibia craquer et que j’ai repris possession de mon corps. Je ne voulais plus te combattre. Et quand je t’ai regardé, j’ai eu le sentiment que…
- Moi non plus, je ne voulais plus te combattre. », confirma le brun. « Ton regard m’a paralysé, je… Je n’arrive pas à décrire ce que j’ai ressenti. »
Baissant la tête, Ban rougit, honteux. Il n’arrivait pas à verbaliser ce qu’il avait ressenti ni ce qu’il ressentait encore en ce moment même. Ginji s’approcha, et mit ses mains sur les épaules du brun. Il déclara d’une voix douce : « Tu sais, Ban-chan, grâce à toi, j’ai réussi à m’arrêter à temps avant de faire une belle bêtise. Et depuis que je suis réveillé, tu prends soin de moi. Alors, j’aimerai bien prendre soin de toi. »
Relevant la tête, Mido regarda le visage souriant de Ginji et murmura : « Tu es déjà en train de le faire. » La glace de son cœur fondait à vitesse grand V. Mido sourit à son tour, un sourire sincère comme il en faisait rarement. Le blond appuya sa tête sur l’épaule de Ban, essayant de contrôler ses pensées. Moins à l’aise que son ami dans les étreintes, le brun posa maladroitement sa main sur la tête de Ginji et demanda : « Gin, j’ai l’impression que tu ne vas pas bien, qu’est-ce qui t’arrive ?
- … » Ginji hésitait à parler, mais il se rappela la promesse de Ban, et sut qu’il pouvait parler sans contrainte, qu’il ne se moquerait pas de ses doutes. Prenant une grande respiration, il expliqua d’une voix à peine audible : « J’ai tellement peur de tout détruire. Ici, le pouvoir de Raïtei est infini, c’est pour ça que tout le monde me craint. Et ils ont raison, un jour ou l’autre, Raïtei prendra le contrôle et tout sera perdu.
- Attends, le problème vient du Mugenjo, d’après toi ?
- Je le sens, je ne peux pas l’expliquer. » Ginji se rappela la réaction de ses généraux, qui lui avaient dit qu’ils lui faisaient confiance et qu’ils étaient avec lui, mais qui refusaient aussi de l’écouter quand il essayait de parler de ce problème. Il se tendit, s’attendant à ce que Ban évacue le problème par une phrase bateau. Mais non, Mido continuait à l’écouter, sans se moquer de sa peur. Le blond prit une inspiration et reprit : « Tant que je suis ici, je risque de devenir Raïtei et je mets tout le monde en danger en le devenant.
- Et si tu sortais du Mugenjo, que se passerait-il ?, demanda doucement Ban.
- … Je n’en sais rien, je ne suis jamais allé à l’extérieur, répondit Ginji après un silence de réflexion.
- Tu veux essayer ?
- Je… »
Ginji se tut, songeant à ses amis, à ses responsabilités en tant qu’empereur. Mais c’est précisément à cause de ça qu’il était un danger pour ceux qu’il aimait. Peut-être sortir du Mugenjo était la solution à ses problèmes ? Pour le savoir, il ne pouvait rien faire d’autre qu’essayer. S’écartant de Ban, Ginji le regarda d’un air hésitant : « Tu connais le chemin vers la sortie ? »
Hochant la tête, Ban eut un petit sourire, et se dirigea vers la sortie qu’il connaissait, prenant soin de ne pas distancer Ginji. Le blond avait l’air mal à l’aise, comme tiraillé entre ce qu’il aurait du faire et ce qu’il faisait. Mido s’arrêta et demanda, ses yeux scrutant le regard marron : « ça va ? »
Ginji sentit les larmes monter à ses yeux. Il était d’habitude si bon à les retenir, mais auprès de Ban, il sentait que ce n’était pas la peine, il pouvait être lui-même. Ginji lui faisait confiance, une confiance aveugle. Ban s’approcha de lui et, fouillant dans ses poches, il en sortit un mouchoir. Mido regarda Ginji droit dans les yeux et bougonna : « Ginji, n’essaie pas de te retenir, je te l’ai déjà dit. »
Des larmes jaillirent enfin des yeux de l’empereur, silencieusement. Le blond expliqua alors : « Mes amis doivent être en train de me chercher partout. Je devrai aller les voir pour les rassurer, mais en même temps, j’en ai marre de faire semblant face à eux… » Ban le laissa pleurer, il sentait instinctivement que le blond en avait besoin, puis demanda doucement : « Tu veux qu’on passe les voir pour les rassurer ? »
Le blond hésita. Il regarda Ban, et ne put retenir un frisson en s’imaginant face à ses généraux, en train de subir leurs questions. Mais il savait aussi qu’il ne pouvait pas les laisser s’inquiéter pour rien. « Je n’arriverai pas à me sentir tranquille si on n’y va pas. Ils vont vouloir me poser des questions. Mais j’ai vraiment envie de partir voir l’extérieur avec toi, maintenant, et sans eux. Je sens qu’ils ne vont pas comprendre… » Ban mit sa main sur l’épaule du blond et la serra fermement : « Je suis avec toi, Ginji. C’est toi qui décides. »
Ginji se sentit flotter, il avait enfin l’impression que quelqu’un l’acceptait tout entier, avec ses doutes et ses faiblesses. Certes, ses généraux lui portaient un soutien sans failles, mais ce n’était pas la même chose. Ginji ne pouvait plus se laisser aller devant eux, car ils refusaient de comprendre ses peurs. Ses yeux marron plongés dans les yeux saphir de Mido, il sourit. Le cœur de Mido rata un battement, car la lueur qui brillait dans les yeux de Ginji, c’était un mélange de joie et d’espoir. Le blond avait décidé de prendre son destin en main, Mido lui avait donné la force de le faire.
‘Bon sang, qu’est-ce qui m’arrive ?’ pensa Ban en souriant en retour face à Ginji. Il y a trois jours, il aurait tout donné pour être mort, et aujourd’hui, il avait envie de vivre chaque instant pleinement pour continuer à voir ce sourire qui le réchauffait de l’intérieur et à faire fleurir le bonheur dans les yeux de Ginji. Souriant, le blond se décida enfin : « Bon, on y va rapidement, et après, on file. » Prenant la tête, Ginji s’éloigna en direction du quartier général des Volts.
Arrivant à la grande place où des gravats étaient amoncelés, Ginji regarda ça et là les trous laissés par ses boules de plasma et il se sentit honteux d’avoir cédé à Raïtei. Mais, en périphérie de son regard, Ban était là, présent. Puisant du réconfort dans la simple présence de son ami, le blond redressa les épaules, il devait essayer d’aller à l’extérieur. Le passé ne pouvait pas être changé, mais peut-être pouvait-il éviter de tout détruire.
Ginji entendit alors ses quatre généraux avant même de les voir. La voix de Makubex résonnait, inquiète : « Cela fait quatre jours que Ginji-san a disparu, vous croyez que nous devrions aller le chercher ?
- Makubex, crois-moi, tu t’inquiètes pour rien. », répondit la voix tranquille de Kazuki.
- Ouaip, l’empereur va faire qu’une bouchée de ce bâtard. » La voix de Shido résonnait, hargneuse.
- Mais son adversaire avait quand même l’air très fort, non ? » En entendant la question de Makubex, Ban ne put s’empêcher ses lèvres de s’étirer en un sourire en coin.
- C’est vrai qu’il nous a tous mis à terre, mais… » Kazuki cherchait visiblement à se justifier.
- Ce salop n’a même pas essayé de se battre à la loyale contre nous ! » rugit Shido.
Ginji regarda Ban, étonné des propos qu’il venait d’entendre. Mido avait l’air parfaitement indifférent aux accusations de lâcheté de Shido, mais à la signature bioélectrique du brun, le blond avait senti celui-ci se tendre. Ginji se plaça devant lui et planta son regard dans les yeux bleus. Entre eux deux, plus besoin de mots, le blond exprima sa confiance en Ban avec toute la chaleur de son regard. Un bref éclair de soulagement apparut dans les deux saphirs et Mido le remercia d’un signe de tête.
Ginji sourit en réponse, puis s’avança à découvert. Arrivé en vue de ses généraux, il apostropha le plus jeune : « Tu t’inquiétais pour moi, Maku-chan ?
- Ginji-san ! » Le petit génie aux cheveux gris argentés se précipita vers le blond et lui sauta au cou. « Tu vas bien ? Il ne t’a pas massacré ?
- Je vais bien… » Ginji n’eut pas le temps de terminer sa phrase.
- Qu’est-ce qu’il fait là, l’autre ? » l’interrompit Shido, portant ses doigts à ses lèvres, prêt à siffler.
- Il est avec moi. » répondit gravement Ginji en s’interposant entre les deux bruns, portant toujours Makubex dans ses bras. Il déposa doucement le garçon et fixa un regard dur dans celui du Beast Master.
- Ginji, ce type a voulu nous tuer ! », rugit Mido.
- Ban ne vous fera aucun mal. » Le blond posait ses mots, calmement, les uns à la suite des autres.
- Ginji-san, tu es sûr de toi ? » demanda Kazuki, un grelot entre ses doigts. La tension montait, tous étant sur leurs gardes.
La question de Ban brisa le silence : « Vous êtes sourds ou quoi ? Comme Ginji vous l’a dit, je ne vous ferai pas de mal. » De justesse, il se retint de rajouter à voix haute : ‘Sauf si vous m’attaquez.’ Se tournant vers Ginji, il ajouta, d’un ton indifférent : « Bon, ce n’est pas tout ça, mais, tu ne m’avais pas dit que tu me ferais visiter, Ginji ?
- L’empereur n’a pas à… », commença rageusement Shido, pendant que Ginji et Ban échangeaient un regard.
- Ok, Ban-chan, on y va. » l’interrompit Ginji.
- Ginji-san ! Il faut que nous parlions de la Beltline ! » lança Masaki.
- Pas maintenant, Mazaki, j’ai à faire. A plus tard tout le monde ! »
Kazuki et les autres généraux regardaient leur empereur, stupéfaits de le voir s’éloigner. Ginji rejoignit Ban, ce dernier était hyper tendu, malgré qu’il semblait indifférent. Mido tourna lentement le dos aux généraux, et suivit le blond qui partait rapidement. Une fois hors de vue et hors d’écoute de ses généraux, Ginji lança un regard à Ban et lui demanda : « ça t’ennuierait qu’on court un peu ? » Mido hocha la tête et, ensemble, ils se mirent à courir, s’éloignant rapidement du quartier général.
Arrivés dans une petite ruelle, Ginji s’arrêta enfin et s’appuya dos au mur, épuisé. Essoufflé, il se laissa glisser le long du mur et noua ses bras autour de ses jambes. Il déposa sa tête sur ses genous et se laissa aller. Les larmes qu’il retenait depuis la rencontre avec ses généraux roulèrent sur ses joues. Ginji était épuisé moralement, il n’en pouvait plus que ses généraux lui demandent d’être une machine à repousser des ennemis, sans chercher à comprendre sa peur de l’escalade qui pourrait en découler. Il entendit Ban se laisser tomber à côté de lui, puis il sentit son bras lui entourer les épaules pour le réconforter. Epaule contre épaule, ils ne bougèrent plus pendant un moment.
Les larmes de Ginji finirent par se tarir. Il avait envie d’aller voir ailleurs, loin, très loin d’ici. Il releva la tête et demanda au brun à voix basse : « Merci pour tout, Ban-chan. Tu veux bien m’emmener voir l’extérieur ? » Pour toute réponse, Mido se leva et lui tendit la main.
Les deux jeunes gens repartirent et Ban conduisit Ginji dans le dédale des ruelles. Le blond aurait bien été incapable de retrouver son chemin, mais, pour le moment, il s’en fichait. Ils aboutirent enfin à une rue dans laquelle Ginji n’était jamais allé auparavant. Ouvrant la porte, Ban et lui arrivèrent en plein cœur de Tokyo, la matinée était ensoleillée.
Ginji leva le visage et laissa les rayons du soleil le réchauffer, les yeux fermés. Ban le regarda faire, son cœur serré de sentir toute cette tristesse que le blond combattait. Mais peu à peu un sourire se dessina sur les lèvres du blond, teinté de soulagement. Hors du Mugenjo, l’énergie n’affluait plus en lui, Ginji se sentait affamé. La réalité elle-même lui semblait plus tangible, comme dictée par des lois indépendantes de lui, cela lui sembla, quelque part, plus normal que ce qu’il vivait depuis quelques années au sein de la forteresse infinie. Rouvrant ses yeux chocolat, Ginji offrit un sourire rayonnant à Ban et murmura : « Je me sens bien ici.
- Tant mieux. », répondit Ban, souriant en retour. Leur lien, déjà fort, lui avait permis de sentir que le poids sur les épaules du blond s’était allégé. « Cela te dit d’aller manger ?
- Je suis mort de faim.
- Et moi donc ! »
Guidant le jeune blond, Ban entraîna son ami vers les échoppes qu’il connaissait par cœur, y ayant traîné plusieurs années. Mido n’avait pas grand-chose en poche, mais tant pis, il avait soudain trop faim pour songer à économiser et, vu le grondement que venait d’émettre le ventre de Ginji, le blond avait aussi faim que lui.
Les deux jeunes gens allèrent dans une des rues commerçantes de Shinjuku et Ban y acheta des bentô, prêts à emporter et chauds. Ginji les prit et, se laissant guider par Ban, il le suivit dans un petit parc. Ils se posèrent et entamèrent leurs repas. Aussi gloutons l’un que l’autre, ils eurent bientôt fini. Ginji se sentait repu et il remercia chaleureusement Mido, lequel répliqua par un grommellement, un peu gêné. Mais un bref coup d’œil dans les yeux marron, Mido sentit qu’il n’avait pas à se sentir gêné des remerciements du blond. Tandis qu’ils se tenaient ainsi, l’un à côté de l’autre, leur lien se renforçait, Ginji se mettait doucement à libérer ses émotions, il se sentait libre de sourire et ce sourire faisait fondre la glace du cœur de Ban.
Un ballon vint heurter la tête de Ban pendant que le brun surveillait son protégé du coin de l’œil. Se demandant comment il avait pu se laisser surprendre ainsi, Mido partit dans une bordée de jurons allemands, tandis qu’un tout petit garçon s’avançait timidement pour récupérer son bien. Ginji eut un petit rire et ramassa le ballon. Le tendant au petit garçon, il lui sourit. Le petit garçon s’excusa d’avoir envoyé le ballon sur Ban, lequel hésita un bref instant de la façon dont il pourrait faire payer le gosse. Mais Ginji ne lui en laissa pas le temps, frottant amicalement la tête du petit en lui disant qu’il fallait plus que ça pour faire mal à son ami Ban-chan.
Le cœur de Ban bondit à cette remarque, Ginji le considérait déjà comme son ami ? Le masque de froideur de Mido s’effaça un bref instant, tandis que le blond levait un visage rayonnant vers le brun. Les recommandations de Maria s’atténuèrent dans son esprit, Ban avait enfin envie de croire à nouveau en une amitié, et le lien qui existait déjà entre les deux lui prouvait qu’il pouvait avoir confiance. Mido eut un de ses rares sourires sincères, sourire qui lui fut amplement rendu par le blond.
Sortant une cigarette pour cacher son trouble, le brun l’alluma, un peu déboussolé de se sentir enfin considéré comme l’ami de quelqu’un, qui plus est, de quelqu’un qui le regardait ainsi sans peur. Même Yamato et Himiko avaient eu du mal à le regarder dans les yeux, seul Ginji le regardait ainsi sans peur dès la première fois qu’ils s’étaient rencontrés. Un poids lui sembla peu à peu quitter ses épaules.
Le petit garçon invita les deux jeunes hommes à jouer avec lui et ses copains. Ban allait refuser vertement quand Ginji lui demanda doucement l’autorisation d’y aller. Estomaqué, le brun regarda son ami et ne put que bredouiller : « Tu n’as pas besoin de ma permission, Gin, tu fais ce que tu veux.
- Merci Ban-chan ! » répondit Ginji avec un sourire chaleureux.
Se levant, le blond s’éloigna sur une pelouse toute proche et se mit à jouer avec les petits, il avait encore du mal à rire à gorge déployée et se laisser aller, mais il se sentait de mieux en mieux, de plus en plus libre. Le ballon fut envoyé une fois de plus vers le banc, Ban le rattrapa et le renvoya rapidement vers Ginji. Le premier n’avait pas envie de jouer, mais il voyait que l’exercice faisait du bien au blond. Un sourire flotta sur ses lèvres, Ban se sentait heureux rien qu’en le voyant jouer.
Passant non loin de là, un rouquin avec un bandana bleu et des lunettes noires s’arrêta net en reconnaissant Mido. Connaissant le brun depuis bien longtemps, avant même que celui-ci parte vivre avec Himiko et Yamato, Paul avait eu peur que celui-ci ne finisse très mal car il n’avait pas eu de ses nouvelles depuis un long moment. Mido avait bien grandi depuis le moment où Paul avait offert une pizza au petit garçon crevant la dalle que Ban était après sa fugue de chez Maria.
Paul avait entendu toutes sortes de rumeurs, y compris certaines déclarant Ban mort des mains de l’empereur de la foudre. En parlant de ça, qui était le jeune homme blond que Mido regardait en souriant ? Fronçant les sourcils, Paul passa en revue les différentes options qui s’offraient à lui et se demanda si Mido et Raïtei avaient finalement fraternisé… D’autres auraient dit que c’était impossible, mais Paul devina qu’il avait vu juste, peu de personnes dégageaient une telle aura de puissance.
Le rouquin s’avança vers Mido et le salua : « Bonjour Mido, cela faisait longtemps.
- Paul ! », s’exclama Ban. Le masque de Mido, instinctivement, se remit en place. « Effectivement, ça faisait longtemps. Qu’est-ce que tu deviens ?
- Je suis toujours patron de café, le Honky Tonk, tu te souviens ? Si tu veux, n’hésite pas à y passer, cela me ferait plaisir.
- Ok, c’est noté.
- Ton ami est aussi le bienvenu. » ajouta Paul avec un sourire en coin en pointant du menton Ginji. Mal à l’aise, Ban se tendit, ne sachant comment prendre cette remarque, mais le patron n’avait pas l’air menaçant, alors Mido se contenta d’un hochement de tête prudent. Sentant la tension chez Mido, le rouquin n’insista pas et ajouta : « J’ai du travail qui m’attend. On se voit au Honky Tonk ?
- … D’accord.
- A plus tard Mido. Portes-toi bien.
- A plus, porte-toi bien, toi aussi. »
Mido regarda le rouquin s’éloigner, songeur. Paul était celui qui l’avait nourri, sans lui poser de questions, il y a de cela bien des années. Le patron l’avait vu en train de fouiller ses poubelles et l’avait invité à manger une pizza et un café. Méfiant, le brun avait été trop affamé pour refuser. Il était entré, avait tout avalé en grommelant un vague merci. Paul s’était contenté de sourire. Ce type savait beaucoup de choses, mais ne l’étalait pas sur la place publique. Au moment où Mido allait repartir, Paul lui avait dit : « Porte-toi bien, Ban Mido. » Le garçon s’était figé, et avait fini par partir en lui répondant : « Toi aussi, Paul Wan. » Le rouquin, qui ne s’était pas présenté, avait eu un petit sourire, le gamin le connaissait de réputation.
Plus tard, de temps en temps, Ban était revenu devant le Honky Tonk. Hésitant, il avait fini par pousser la porte. Baissant son journal, Paul l’accueillait par un petit sourire, et, comme Ban ne venait pas très souvent, il lui offrait une pizza et un café sans rien demander en échange. Mido ne parlait alors quasiment pas, se contentant d’engloutir sa pizza et son café. Il repartait vite, n’arrivant pas à se laisser aller. Mais sur le pas de la porte, Paul lui souhaitait toujours de bien se porter, et Mido le lui souhaitait en retour. Le brun n’avait pas pu lui offrir un sourire, mais ces simples salutations l’aidaient à se sentir mieux, un peu moins seul. Puis Yamato et Himiko étaient entrés dans sa vie, et il n’avait plus eu besoin d’aller au Honky Tonk.
Revoir Paul remuait des souvenirs, pas tous agréables. Mais Mido préféra repenser à la pizza et au café, c’étaient des moments qu’il aimerait bien partager avec Ginji.
En parlant du loup… Ginji était en train de dire au revoir aux petits puis il rejoignit Ban. Se laissant tomber sur le banc, il laissa échapper un soupir : « Cela faisait longtemps que je n’avais pas joué au ballon, cela me fait un peu bizarre. » Ginji sourit, heureux puis demanda : « L’homme aux cheveux oranges, c’était un de tes amis ?
- … Pas vraiment un ami, mais plutôt une connaissance. », précisa Ban. « Il nous a invité à aller le voir au Honky Tonk. C’est un café où je mangeais de temps en temps quand j’étais plus jeune. Cela te dirait d’y aller un de ces quatre ?
- Il m’a invité aussi ? » demanda Ginji, étonné. Ban hocha la tête, alors Ginji sourit : « D’accord, j’aimerai bien y aller. C’est gentil à lui de nous inviter.
- C’est clair, c’est un gars sympa. » répondit sans réfléchir Ban, repensant à toutes les fois où il avait été au Honky Tonk. La réponse spontanée du brun fit sourire Ginji, Mido se sentit rougir, démasqué. Mais Ginji ne se moqua pas de lui, et Mido finit par sourire en retour, confiant.
Ginji se frotta les yeux, fatigué. D’une voix endormie, il demanda à Ban : « Cela t’embête si je dors un peu ?
- Euh, non, pas de problème. Tu veux qu’on s’installe où ?
- Comme tu veux, Ban-chan. »
La tête de Ginji dodelinait, ce n’était pas en une grasse matinée qu’il avait rattrapé tout son sommeil en retard. Ban se leva et l’aida à se lever. Puis, il le conduisit à l’ombre d’un arbre. S’asseyant dans l’herbe, Mido amortit la chute du blond qui s’était laissé tomber sans cérémonie. Ginji voulut placer ses mains en dessous de sa tête pour s’en faire un oreiller mais sentit une main le guider. Gentiment, adossé au tronc, Ban déposa la tête de Ginji sur sa jambe et l’entendit murmurer un remerciement. Alors qu’il s’apprêtait à répliquer, il s’aperçut que l’ex-Raïtei dormait déjà. Mido se contenta alors de sourire. Auréolé d’une chevelure blonde, le visage endormi de Ginji reflétait une confiance absolue en son ami. Le brun murmura : « Dors bien, petit ange. » avant de laisser ses pensées vagabonder.
Ginji se mit à rêver, ou plutôt à faire des cauchemars. Dans son rêve, il était revenu au château infini et il marchait dans des rues silencieuses, trop silencieuses. Il entendit enfin des bruits de bagarre et se mit à courir. Il déboucha sur la place de son quartier général, et vit des types de la Beltline, beaucoup trop, en train d’entourer tous ses amis. Ces derniers le virent arriver et commencèrent à baisser leur garde, l’appelant à l’aide mais ne bougeant plus pour se défendre eux-même.
Ginji se sentit nauséeux, l’énergie montait en lui mais il ne voulait pas céder. Des types de la Beltline s’approchèrent, et commencèrent à lui taper dessus. Ginji eut alors un haut-le-cœur, prêt à vomir. Il devait tenir, contenir Raïtei… Il entendit alors une voix dans le lointain, qui l’appelait. C’était la voix inquiète de Mido.
Enfin, Ginji sentit les mains de Ban le secouer rudement et se tourna de côté à temps pour ne pas vomir sur Mido. Le blond se mit à pleurer pendant que son estomac se vidait. Il entendit de nouveau Ban, tout proche cette fois et toujours aussi inquiet : « Ginji, ça va ? Ginji !
- Non, ça ne va pas. Ban, je suis désolé… » Un nouveau haut-le-cœur fit que le blond s’éloigna de nouveau de Mido, pour ne pas l’éclabousser.
- Bon sang… Ne bouge pas, je vais… » Ban se tut, Ginji s’était accroché à lui. D’une voix douce que peu de gens connaissaient, Mido demanda : « Tu veux que je reste près de toi pour le moment ? »
Sans répondre oralement, le blond hocha la tête et se mit à frissonner. Son estomac semblait enfin le laisser en paix. Ginji se blottit contre Ban, qui lui mit la main sur la tête. Pas de fièvre. Pas rassuré pour autant, le brun demanda : « Gin, comment tu te sens ?
- Pas bien, j’ai mal comme si on m’avait roué de coups. Je crois que j’ai fait un cauchemar.
- Oui, c’est ce qu’il m’a semblé, tu n’arrêtais pas de t’agiter.
- Merci de m’avoir réveillé.
- Pas de quoi. De quoi tu as rêvé pour te mettre dans un état pareil ?
- J’étais de retour au Mugenjo, mes amis se battaient contre des gens de la Beltline. Et quand je suis arrivé, mes amis ont arrêté de se battre. Ils attendaient que je relâche Raïtei, mais je ne voulais pas. Toute cette énergie m’a donné la nausée. Les types de la Beltline ont commencé à me tabasser et tu m’as réveillé. »
Pendant tout le récit de Ginji, Mido caressa les cheveux blonds, patiemment. Le soleil se couchait et les derniers rayons donnaient des reflets dorés aux cheveux de Ginji. L’ex-Raïtei soupira, et regarda le disque solaire, essayant de prendre une décision. Mido prit alors la parole : « Gin, qu’est-ce que tu veux faire ?
- … Je ne sais pas, à vrai dire. Je n’arrive pas à savoir ce qui serait le plus juste. Je me sens bien ici et je m’en veux de vouloir rester, de les laisser se débrouiller sans moi. J’aimerai… Je ne sais pas… » Une grosse boule commençait à obstruer la gorge de Ginji.
- Prends ton temps, Gin. Quelque soit ta décision, je reste avec toi. » affirma le brun. Le blond lui fit un sourire, un peu rassuré. Puis, d’une voix lente, Mido continua : « Tu sais, tu n’as pas à prendre toute cette responsabilité sur tes épaules. Même si tu as de grands pouvoirs, tu es un être humain, tu ne peux pas être partout. Tu as le droit d’avoir peur pour toi et pour les autres, tu as le droit de connaître tes limites et de vouloir éviter la catastrophe que tu sens venir. Et si les autres ne comprennent pas, tant pis, du moment que tu vis en accord avec tes valeurs et que tu fais de ton mieux, tu n’as pas à t’en vouloir.
- … T’es sûr, Ban-chan ? » La voix de Ginji tremblait.
- Oui, j’en suis sûr. » répondit Ban d’un ton sans réplique.
Les larmes coulèrent le long des joues de Ginji, sans qu’il cherche à les retenir. Larmes de joie d’être enfin accepté, compris. Mido le sentit, le visage de Ginji étant toujours appuyé sur sa jambe mais ne fit aucun commentaire, sa main toujours dans les cheveux dorés. Ils laissèrent le soleil se coucher, puis quelques étoiles commencèrent à piqueter le ciel.
Au bout d’un moment, Ginji s’assit à côté de Ban. Ayant pris sa décision, il prit une grande inspiration et se lança : « Ban-chan, on peut retourner au Mugenjo ? » Le brun regarda son ami, se demandant ce que le blond avait derrière la tête. Ginji ajouta : « J’aimerai y récupérer quelques affaires, avant de partir.
- … Gin, tu es sûr de ta décision ? Je ne veux pas t’obliger à faire quelque chose que tu ne veux pas.
- Ban-chan, tu m’as largement laissé le temps de réfléchir. Au château infini, je n’ai jamais eu le luxe de réfléchir toute une journée, je devais toujours mentir, faire semblant que tout allait bien alors que je sentais que j’allais dans un mur. Tu m’as montré une solution pour éviter tout détruire. Mes amis comprendront. Enfin, je l’espère. »
La voix cassée par l’émotion, Ginji sourit, des larmes continuaient à couler. Mido passa son bras autour des épaules de Ginji, la tête du blond vint s’appuyer sur son épaule. Le blond reprit d’une voix posée : « Je suis triste de les laisser mais j’ai pris ma décision. Pour les protéger, je dois partir.
- Tu veux aller leur dire au revoir ?
- … Non, je n’y arriverai pas. J’ai essayé tant de fois de leur faire comprendre ma peur, ils voudront me retenir. Je ne peux pas rester.
- Tu veux qu’on y aille maintenant ?
- Oui, autant en finir. »
Le blond se leva et tendit sa main à Ban. Le brun attrapa cette main, se leva et la garda un instant dans la sienne. Surpris, Ginji regarda à nouveau sans crainte dans les yeux saphirs, les lunettes tombées au bout du nez ne les cachant pas. Mido hésita un instant et murmura : « Ginji, je voulais te dire… Où que tu sois, quoi qu’il arrive… Appelles-moi, je te retrouverai. » Sans même y réfléchir, il sut que ce serait vrai. Pourquoi, comment, il ne savait pas, mais il savait qu’il entendrait l’appel de Ginji, où qu’il soit.
Un sourire éclaira le visage de Ginji. Mido n’eut pas le temps de bouger qu’il se retrouva dans les bras du blond, qui murmura doucement: « Merci Ban-chan… Merci… » Le maître du Jagan se tendit, mal à l’aise, mais peu à peu se laissa câliner. Maladroitement, il mit sa main sur la tête de Ginji, un peu comme le blond l’avait fait pour le gamin un peu plus tôt dans la journée.
Après un moment, ils se mirent en route vers le Mugenjo, marchant côte à côte. Ils commencèrent à traverser un pont qui offrait une vue dégagée sur le château infini, lorsque Ban demanda : « Qu’est-ce que tu aimerais faire, une fois qu’on aura récupéré tes affaires ?
- Eh bien, je crois que j’ai un peu faim. », avoua le blond, avec un petit sourire.
- Espèce d’idiot, pourquoi tu ne l’as pas dit plus tôt ? », répliqua Ban, étonné et un peu énervé contre lui-même. Ginji avait l’estomac vide, Mido aurait du se douter que son ami aurait faim.
- Parce que je ne voulais pas abuser de ta gentillesse. Tu m’as déjà invité ce midi, non ? », lui fit remarquer Ginji.
Mido se renfrogna, un peu perdu. ‘Ami ? Gentillesse ?’ Ginji se faisait de drôles d’idées sur lui. Il n’était vraiment pas sûr de mériter l’amitié de Ginji. Des murmures dans sa tête, vieux souvenirs qu’il aurait aimés effacer commencèrent à chuchoter : ‘Monstre, assassin…’ Grinçant des dents, Ban sortit une cigarette d’une main tremblante. Il entendit alors Ginji lui demander, d’une voix innocente : « Tu sais ce que j’aimerai faire plus tard ?
- … Non, Gin, qu’est-ce que tu voudrais faire ? » Ban se concentra sur le blond, pour éviter de se laisser rattraper par ses souvenirs. Le visage plissé par la concentration, celui-ci s’était accoudé à la barrière, juste au dessus de l’autoroute et regardait ses mains.
- J’aimerai que mes pouvoirs servent à rendre les gens heureux, pas à détruire. » Le visage sérieux de Ginji se détendit en un sourire et se redressant, il s’adressa à nouveau à Ban : « Tu crois qu’on pourrait travailler ensemble ?
- … Ça m’a l’air pas mal comme idée. » opina Ban.
Plongeant ses yeux dans ceux de Ginji, il y lut les pensées du blond comme dans un livre ouvert : ‘Ami, gentil, heureux, confiance, acceptation, merci’. Les yeux de Ban se brouillèrent un bref instant, et un éclair de soulagement traversa son regard. Sans le savoir, Ginji venait ainsi de refouler tous les souvenirs noirs de Mido, comme l’obscurité fuit devant le soleil.
Ban se permit un sourire sincère, heureux de se sentir ainsi accepté. Il se rapprocha du blond et lui demanda : « Quel travail voudrais-tu faire ?
- … Je n’y ai pas réfléchi. », avoua Ginji en se passant la main sur la nuque, son sourire se fit embarrassé.
- Que dirais-tu de devenir récupérateur ? » proposa Ban sans réfléchir.
- Cela consiste en quoi ? » demanda le blond, curieux.
- Eh bien, quand quelqu’un perd un objet, ou qu’on lui en vole un, cette personne fait appel à des récupérateurs pour le lui rapporter. » expliqua Mido.
- Ça m’a l’air pas mal. En gros, c’est rendre des objets auxquels les personnes tiennent, c’est ça ?
- C’est ça. Sauf que des fois, c’est compliqué, car le gars qui l’a volé embauche des types pour protéger l’objet.
- D’accord. Quel genre d’objets as-tu déjà récupéré ?
- Comment sais-tu que j’ai déjà fait ça ? », demanda Ban, étonné.
- … Je ne sais pas comment mais je sens que tu as déjà fait des récupérations. », répondit Ginji. Il se gratta la tête, embarrassé. « Désolé, Ban-chan, je ne voulais pas te mettre mal à l’aise.
- Non, ce n’est pas grave, tu m’as surpris, c’est tout. » Ban marqua une pause et se mit à réfléchir : « Eh bien, j’ai déjà du récupérer des documents importants pour des businessmen, des bijoux, un tableau, ce genre de choses… »
Tirant sur sa cigarette, Mido hésita et décida de jouer franc jeu : « Une fois, on m’a même demandé de récupérer une fugueuse. Elle ne voulait pas rentrer alors j’ai du l’assommer pour la ramener. Je me suis fait tellement enguirlandé par son père, qu’il l’a réveillée rien qu’avec ses cris. » Lançant une bouffée de cigarette dans le ciel, Ban se permit un sourire en coin et murmura : « Elle avait l’air étonné de voir son père m’engueuler comme du poisson pourri. Et ému de le voir pleurer aussi.
- Ils se sont réconciliés ? » demanda doucement Ginji.
- Je n’en sais rien, j’ai pris mon fric et je me suis barré. Je me suis promis de ne plus obliger quelqu’un à me suivre par la force, sauf cas de force majeure. Je n’avais pas envie de me reprendre un savon pareil. » répondit Ban, les yeux dans le vague. A cette époque, il n’en avait un peu rien à foutre des autres. Mais le ton doux de Ginji ébranlait ses convictions de solitaire endurci.
- J’espère que son père et elle se sont réconciliés. Après tout, il a pleuré non ? ça veut dire qu’il tenait à elle.
- Ouaip, j’espère aussi. » souffla Ban, sincère. Ginji sourit, instinctivement, il savait que Ban lui disait la vérité et qu’il ne la dirait pas à tout le monde.
Les deux amis restèrent ainsi sans parler, le bruit de l’autoroute était calme et reposant. Sortant son portefeuille, Ban compta ce qui lui restait. Il pouvait leur payer une nuit dans un motel, mais avec le restant, ce serait pas mal qu’ils se payent une voiture, ce serait pratique pour les récupérations. Il releva la tête et regarda le blond. Ginji avait les yeux fixés sur le Mugenjo, son humeur tournant à la mélancolie. Sentant qu’il devait intervenir, Ban envoya un gentil coup de poing sur la tempe de Ginji, le faisant se retourner, étonné.
Les yeux bleus plongèrent dans les yeux chocolat, et Mido déclara : « C’est toi qui choisis, Ginji, je resterai avec toi.
- J’ai déjà choisi, Ban-chan. Je reste avec toi. » Le blond le regarda en souriant, sa voix ne sonnait pas trop triste, mais au contraire, pleine d’espoir.
Sentant son cœur se réchauffer, Ban sourit, et, inclinant la tête en direction du quartier marchand, il proposa : « Tu veux qu’on aille manger un morceau ? On ira récupérer tes affaires demain.
- Ok, je meurs de faim ! » Souriant, Ginji hocha la tête et suivit le brun.
La soirée se passa dans une ambiance amicale, Ban se retrouvant à jouer avec Ginji, essayant de lui piquer quelques sushis comme il le faisait avec Himiko, le blond ne se laissant pas si facilement avoir. Puis, ils se dirigèrent vers un hôtel, et prirent une chambre. Malheureusement, il n’y avait qu’un seul lit et Ban rougit en s’en rendant compte. Le blond ne nota pas l’embarras de Ban et s’allongea sur le lit.
Se rendant compte que Ban ne le rejoignait pas, Ginji se leva sur un coude et demanda : « Ban-chan, qu’est-ce qu’il y a ? Tu n’as pas sommeil ?
- Euh, cela ne te dérange pas qu’on dorme dans le même lit ?
- Non, du tout. J’ai toujours dormi avec mes amis, au Mugenjo. Cela t’embête ? Je n’ai jamais dormi tout seul.
- Jamais ? » s’étonna Ban, auquel Ginji répondit en secouant la tête.
Repensant au Mugenjo, le blond fut pris de tremblements, il avait décidé, pour les protéger, il devrait faire face avec le fait qu’il ne verrait sans doute plus jamais ses proches. Sans un mot, Ban s’allongea à côté de Ginji et, comme la veille, lui prit la main. Le remerciant par un sourire, le blond laissa sa tête tomber sur l’oreiller et s’endormit rapidement. Regardant son ami, Mido se demanda si un jour, le blond pourrait s’enlever le poids du remords de laisser ses amis se débrouiller. Mais, dans son sommeil, l’ex-Raïtei avait un sourire très doux et Ban sentit que c’était un peu grâce à lui que Ginji avait repris espoir. Ce qui lui laissait la grande responsabilité de s’occuper de ce petit ange au cœur pur qui ne connaissait rien au monde extérieur.
Retirant doucement sa main de celle de Ginji, Ban s’asseya à nouveau et sentit Ginji, endormi, se rapprocher tout contre lui. Il ne put s’empêcher de sourire en regardant son partenaire se lover contre lui, avant d’allumer sa cigarette. Il protègerait Ginji, quoiqu’il arrive, c’était sa nouvelle raison de vivre. Planifiant ce qu’il aurait à faire le lendemain, Ban repensa à Paul, l’informateur aurait sûrement quelques idées à lui donner pour se remettre en selle dans le travail de récupération.
Lorsque Ginji se réveilla le lendemain, il se rendit compte que Ban s’était endormi dans une position assise. Ses cheveux bruns commençaient à flotter dans le champ électrostatique généré par Ginji mais étaient encore trop longs pour se dresser en piques. Regardant au dehors, l’ex-Raïtei s’aperçut qu’il était juste un peu avant l’aurore, à l’heure où tout était calme au Mugenjo, car tout le monde dormait, ou reprenait des forces. Le blond décida alors d’aller récupérer ses affaires rapidement. Il secoua doucement l’épaule de Ban, lequel grogna en réponse, en ouvrant un œil à moitié ensommeillé.
Ginji murmura : « Je vais aller chercher mes affaires, où veux-tu qu’on se rejoigne ?
- Atta, tu ne veux pas que je vienne avec toi ?
- Tu as besoin de sommeil, Ban-chan.
- Non, ça ira.
- Ban-chan, je n’en ai pas pour longtemps. » plaida Ginji.
- Espèce de tête de mule. Bon, on se rejoint au Honky Tonk, tu sais, le café que je t’ai montré quand on est rentré du restaurant hier soir ? Et si tu n’es pas là avant midi, je retourne au Château infini et je casse la baraque.
- Ok, Ban-chan. Dors maintenant.
Le brun fit semblant de se rendormir, mais dès que Ginji eut quitté la pièce, il se leva, s’habilla en vitesse et le suivit discrètement.
L’avantage d’aller au Mugenjo était que cet immense ramassis de bâtiments non achevés était visible d’un peu partout dans Tokyo. Le temps était gris, maussade et Ginji frissonna. Du haut de l’immeuble d’où il suivait son partenaire, Ban demanda à Asclepios de prendre soin de son ami. Le blond leva la tête, se sentant épié, mais Ban avait réussi à filer avant qu’il n’ait eu le temps de le voir. Néanmoins, l’injonction de Ban avait fonctionnée, et pour qui aurait été capable de décrypter la magie, aurait vu le corps sinueux d’un serpent géant envelopper Ginji de ses anneaux.
Ginji continua son chemin et parvint dans la cité infinie. A nouveau, il se sentit épié, mais de façon hostile. Tournant vivement la tête, il regarda en haut d’un immeuble, tous ses muscles tendus. Mais, bizarrement, la sensation disparut et, bien qu’étonné, Ginji décida de se remettre en route rapidement. Quelques étages plus haut, Ban relâcha la nuque d’un type qui avait visé le blond avec un révolver. Le type qui gisait à présent assommé à ses pieds fut le premier d’une longue série.
Le blond arriva enfin chez lui, au quartier général des Volts, il était content que personne ne se soit mis sur son chemin. Tout le monde dormait encore. Ginji se changea rapidement, troquant sa chemise bleue et son pantalon rouge contre un T-shirt blanc, un short et une veste verte sans manche. Il fourra dans un sac à dos ses maigres affaires et repassa par la pièce où Jubeï et Kazuki dormaient. Considérant un instant le visage efféminé de Kazuki, Ginji espéra que celui-ci se souviendrait de ce qu’ils avaient convenu en cas de crise, à savoir que Kazuki prenne sa place en cas de disparition de Raïtei.
Mélancolique, Ginji émit une prière à l’attention des Dieux du Mugenjo : ‘ Foutez-leur la paix, ou protégez-les, car je ne peux pas rester à cause du pouvoir que vous m’avez donné. ’ Puis, triste mais résolu, il quitta le quartier général et repartit rapidement. Lorsque le blond arriva enfin au Honky Tonk, les nuages étaient noirs, menaçants, mais sans éclater. Paul le regarda entrer et le salua : « Bienvenue. Le temps a l’air bien lourd aujourd’hui, vous ne trouvez pas ? » L’ex-Raïtei se contenta d’un hochement de tête pour saluer et approuver en même temps.
De l’extérieur, dans la ruelle en face du Honky Tonk, Ban regarda Ginji s’installer au comptoir, et commencer à l’attendre. Touché par son air triste, Paul offrit un café au blond, murmurant « C’est gratuit.
- Merci. » Ginji se sentit de nouveau mélancolique et un peu perdu malgré l’ambiance chaleureuse du café, il murmura : « Ban-chan, où es-tu ? » Entendant cet appel de détresse, grâce au lien qui les unissait, Ban n’y tint plus et se décida à entrer.
La porte s’ouvrit dans un tintement de cloche, et Mido lança : « Salut Paul ! J’aimerai bien un café, tu veux bien ? Oh, tu es déjà là, Ginji ? » Le brun sourit au blond et s’installa à côté de lui. Répondant par un sourire timide, Ginji le regarda s’asseoir juste à côté de lui, se sentant déjà beaucoup mieux. Le maître du Jagan s’alluma une cigarette et demanda à Paul : « Dis-moi Paul, tu ne connaîtrais pas des gens qui seraient intéressés par deux récupérateurs ? »
Réussissant à cacher son choc, Paul Wan regarda les deux jeunes gens. Il avait été récupérateur avant d’être informateur, et, depuis sa retraite, il avait toujours rêvé de transmettre le flambeau. Ces deux jeunes gens pourraient-ils devenir la future génération des Get Backers ?
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Commentaire : Voilà, la suite correspond au début de l'animé ou du manga, selon votre choix.
J'espère que cette petite histoire vous a plu.
Message édité par totbung le 19-03-2010 à 13:17 |