Sissy

Dans une petite clairière...
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totbung

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Posté le 01-12-2007 à 19:02:09  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Dans une petite clairière, juste auprès de l'arbre où il a élu domicile, Totbung a disposé des fauteils moussus confortables, des tables rondes pour toutes les gens qu'il sait visiter la forêt... Le soleil éclaire la clairière en cette fin de journée, mais des bougeoirs garnis de briquets et de bougies bien hautes sont prêts à prendre le relais dans la soirée...

Totbung regarde la clairière et hésite encore, va-t-il oser soumettre ses écrits à l'assemblée ? Il respire amplement et finit par disposer sur chaque table des morceaux de parchemins où on peut lire le texte suivant : " Bienvenue, noble visiteur, ici commencent les écrits de Totbung, toutes les remarques visant à les améliorer seront les bienvenues. Le premier texte est l'histoire d'un runner débutant de 22 ans, James Olsen Jr, connu dans les ombres de Seattle sous le nom de Varden. Pour ceux qui ne connaissent pas l'univers de Shadowrun, dans lequel évolue ce personnage, voici un petit lien qui pourra vous être utile :http://shadowrun.fr/wiki/His (...) 36d5141e14441f3 . Nous sommes à Seattle, en 2060..."

Message édité par totbung le 01-12-2007 à 19:16

totbung

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Posté le 01-12-2007 à 19:03:14  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Chapitre 1 : Introduction


«Mr et Mrs Olsen
11 rue des pavillons fleuris
New York City

Bonjour Papa et Maman,

J'espère que vous allez bien. Je suis bien arrivé à Seattle, et j'ai pu me trouver à me loger sans trop de problème à côté de l'université. Des élèves des années supérieures m'ont prévenu que pour bizuter les nouveaux, certains s'amusaient à remplir nos boîtes aux lettres de mousse à raser, alors je préfèrerai que vous continuiez à m'écrire à la boîte postale que je vous ai indiquée.

Les cours commenceront la semaine prochaine, je profite de ces moments de repos pour rattraper mon retard dans certaines matières et rechercher un travail qui me permettra de compléter ma bourse. Je vous tiendrai au courant.

A bientôt,

Jimmy»

Je relis cette lettre, en espérant que mes parents ne flaireront pas les tissus de mensonge qu'elle contient. Mais bon, je ne vais pas leur avouer la vérité maintenant, elle leur ferait trop de mal. Si seulement je n'avais pas à leur mentir, si je pouvais être un étudiant ordinaire de l'université, si seulement Ares n'avait pas coulé l'entreprise de mon père...

Mon regard se perd dans le passé, regardant sans les voir l'étagère de fer blanc contenant mes provisions et mes effets personnels, le mini-four- microondes-réhydratant, la peinture craquelée, la fenètre réparée par un morceau de carton...

Il n'y a encore pas si longtemps, mon père était propriétaire d'une petite entreprise qui construisait des armures de combat, «parce qu'une bonne défense est toujours plus importante qu'une bonne attaque». Il m'avait emmené un jour pour l'inauguration de son laboratoire de ErréDé, comme je l'appelais à l'époque. Mon père n'était pas peu fier et m'avait expliqué qu'il avait enfin assez d'argent pour créer ses propres produits sans passer par les corporations. Il souriait, son bonheur et celui de notre famille semblaient assurés...

Deux ans plus tard, mon père s'est mis à rentrer de plus en plus tard. Il est même arrivé en retard à mon anniversaire, mais, malgré sa nervosité et sa fatigue, il avait tenu à aller lui-même acheter mon cadeau, un casque et des gants tactiles pour mes jeux vidéos. Ma mère lui avait dit que c'était une folie, nous étions aisés mais nous ne roulions pas sur l'or. Il l'avait rassuré car lui et son équipe avaient enfin mis au point une nouvelle armure efficace et reproductible sur de grandes chaînes de productions.

Six mois plus tard, l'entreprise avait fait faillite, Ares ayant manipulé le cours de la bourse de façon à la racheter à bas prix, le nouveau prototype en prime. Peu de temps après, nous avons dû déménager, car le salaire de ma mère, professeur de chants, ne suffisait pas à couvrir tous nos frais. Des huissiers sont venus nous prendre tout ce qui avait de la valeur, et la plupart de mes jeux en faisait partie, tout comme les bijoux de ma mère, la voiture de mon père, la maison, les meubles de mes grands-parents. Mon innocence est partie avec.

Mon père mit quelques temps à se remettre de ce «coup du sort» et à rechercher un nouveau travail. Dès qu'il en eut retrouvé un dans l'administration, il s'est mis à promettre à ma mère et à moi que tout redeviendrait comme avant, qu'il racheterait des objets encore plus beaux, encore plus chers.

Mais je voyais surtout sa fatigue et celle de ma mère, ils se tuaient à leur travail pour que je puisse avoir une vie de rêve, des vêtements neufs, les derniers objets à la mode. Je n'avais qu'à demander ! Je n'ai pas pu, pas voulu leur faire ça, j'ai tout rejeté en bloc lors de ma crise d'adolescence. Je suis devenu un asocial, récupérant de vieux habits usés pour que mes parents arrêtent de m'habiller en fashion victim, j'ai voulu rater mes études, pour qu'ils évitent de penser à m'envoyer à l'université.

J'avais perdu tous mes repères car mes parents ne réagissaient pas comme je l'escomptais, dans mon échec, ils croyaient que c'était parce que je n'étais pas assez gâté, ils s'enfermaient donc dans le travail, un vrai cercle vicieux.

Heureusement, deux rencontres ont changé mon destin, pour le meilleur et pour le pire.

Après avoir redoubler deux fois ma quatrième, mes parents ont réussi à me faire passer en troisième et j'ai rencontré Grizzli. Ce petit gars au crâne rasé faisait partie des Red Rockets et il s'était aperçu de ma capacité à me fondre dans le décor et à «emprunter» discrètement des rabs à la cantine. Il s'était fait exclure plusieurs fois, pour des motifs divers et variés.

Je suis arrivé en troisième au moment où il redoublait encore une fois cette classe. Le prof était prévenu de nos cas, et nous avait assigné au fond de la classe. Grizzli m'avait jaugé du regard, et m'avait foutu la paix. Je ne sais plus au juste comment est né notre amitié, peut-être que c'est parce qu'un jour, j'ai balancé sa cam' par la fenêtre au moment où le dirlo convoquait tous ceux qu'il suspectait de se piquer.

Je me souviens encore, Grizzli était furieux de ne pas la retrouver, il m'avait plaqué contre le mur en me promettant les pires souffrances si je ne lui disais pas où elle était. Mais, à ce moment-là, le dirlo s'est pointé et l'a embarqué. Tout blanc qu'il était, le Grizzli.

Quand il est revenu en classe, il m'a regardé «dormir». A vrai dire, j'avais balancé sa cam' car elle me menaçait aussi, vu que ceux qui dénonçaient pas étaient aussi convoqués puis exclus par le dirlo, voir emmener au commissariat, pour «l'exemple». Mais, à ma nouvelle école, valait mieux pas balancer si on ne voulait pas avoir affaire aux Red Rockets. Bref, il était là, le Grizzli, ne sachant pas trop si c'était moi le responsable de la disparition de la cam', et s'il devait ou non me remercier.

A la fin des cours, j'ai rassemblé mes affaires, et, profitant du brouhaha, il m'a demandé si je savais où était passée le sac plastique qui traînait d'habitude dans son manteau. Je l'ai regardé puis j'ai regardé calmement par la fenêtre en lui balançant un vers de mon auteur préféré : «Le vent de la destinée souffle toujours et emporte tout sur son passage». Je l'ai regardé de nouveau, et, voyant qu'il avait compris, je suis parti faire l'un des petits jobs qui me permettaient de me faire de l'argent de poche.

Le lendemain, le Grizzli s'est pointé en cours et, à la pause, m'a demandé mon nom. Comme je le regardais sans répondre, d'un air de lui demander «Qu'est-ce que cela peut te foutre ?» mais pas trop agressif non plus, il a fini par me dire : «Ecoutes, je te dois une fière chandelle, et mon boss voudrait te rencontrer, histoire de voir comment on peut payer notre dette. Dans une semaine, si t'as envie de venir voir, rendez-vous au skate park au coucher du soleil. Le cours a repris, et je me suis remis en position pour dormir, bras croisés sur la table et ma tête par dessus, mais mes pensées étaient bien trop agitées pour que j'arrive à dormir...

Quelques jours plus tard, il est de nouveau exclu, je ne sais plus trop pour quoi, le dirlo n'avait pas réussi à le coincer pour la cam', alors il l'avait épinglé à propos de pneus que des vandales lui avaient crevés, à ce qu'il paraît. Je me rappelle avoir pensé la veille au soir que c'était dommage, il ratait ainsi le seul moment sympa de l'année, à savoir, une sortie dans le domaine forestier d'à côté. Je me suis endormi, et, pour la première fois depuis longtemps, je me suis mis à rêver.

Dans mon rêve, j'étais dans la forêt, et, autour de moi, le vent faisait bruisser doucement les feuilles des arbres. Tout semble calme, sauf que je suis mal à l'aise. A un mètre devant moi, des silhouettes floues ramassent des pierres et les lancent sur un raton laveur pris au piège. Une pierre vole et percute l'épaule de l'animal sans défense et son cri me déchire le coeur. Alors qu'une silhouette arme son bras, je lui attrape le poignet avec la main droite et, en faisant pivot avec ma main gauche sur son épaule, je l'envoie valdinguer dans les jambes d'un de ses compères. Pendant l'instant de flottement que produit mon intervention, je me place en rempart devant le raton laveur et remonte mes manches prêt à en découdre.

Mais mes deux ans de plus m'ont fait grandir et la plupart de mes camarades de classe ne m'arrivent pas à l'épaule, et ils déguerpissent sans demander leur reste. Je m'agenouille près de l'animal et nos regards se croisent. Je me sens en paix, calme, face à cette bête sauvage. Ces yeux marrons, pleins de chaleur et de vie, me donnent l'impression de plonger dans un puits sans fond, rempli d'étoiles...

Je me réveille en sursaut, mon réveil affiche 7:07, je suis en retard ! Je me jette dans mes vêtements et récupère mon déjeuner avant de courir pour arriver à rattraper le car. «Alors Olsen, tu as encore oublier de mettre ton réveil ?» demande Waine, l'un des caïds de la classe, avant de ricaner méchamment. Je me contente d'éviter ses jambes, et m'installe au fond, près du pion pour pouvoir somnoler tranquille.

On arrive enfin dans la forêt, et, la classe s'égaille comme une volée de moineaux. Je pars de mon côté, chaque année, nous venons au même endroit et je commence à bien connaître le coin. Je me dirige vers une petite mare que j'ai repérée la dernière fois et qui est souvent trop éloignée pour que les autres y aillent.

Mais, depuis que j'ai passé la lisière du sous-bois, une étrange impression de déjà-vu me trouble. Alors que «mon» chemin part sur la droite, un éclat de voix me fait tourner d'un coup à gauche. Peu à peu, les voix deviennent compréhensibles : «J'l'ai eu, le bestiau, z'avez-vu ?» «Vas-y Waine, t'es le meilleur !»

Je débouche alors sur une petite clairière, et, comme dans mon rêve, le raton laveur tire sur sa patte coincée dans le piège à loup pour éviter les pierres lancées par Waine et ses séides. Alors que je doute encore d'être en train de rêver, à ce moment précis, le raton laveur se prend une pierre dans l'épaule, lancée par le second de Waine : «Prends-toi ça, sale bestiau !». Tout raisonnement me quitte dans le cri du raton laveur. Je vois Waine armer son bras et ma main agrippe son poignet. Son regard ahuri se tourne vers moi tandis que je l'envoie valser, son poids faisant tomber son second. Je me retrouve entre le raton laveur et le dernier séide, prêt à le frapper s'il tente de prendre une pierre ou de me charger.

« Ma jambe ! Ma jambe !, gémit le second, elle est foulée ! - Qu'est qui te prend, connard ? T'as envie qu'on te dessoude ?» me balance Waine, qui se relève péniblement. Je ne lui réponds pas, car, jusque-là, je me suis bien gardé de le provoquer, lui et son groupe. Je me suis mis en mauvaise posture, c'est clair, alors je décide de ne pas la ramener et me prépare à me battre.

Heureusement pour moi, le second continue à gémir et Waine se penche vers lui, et lui crie de se relever. Mais, à la seconde où il se lève, il manque de s'effondrer et Waine est obligé de le soutenir. «On se retrouvera, Olsen», me menace Waine, avant de faire signe à son gars de s'éloigner tout en me surveillant.

J'attends qu'ils soient hors de vue avant de baisser ma garde. Je me tourne alors vers le raton laveur et mon doute revient. Qu'est-ce qui m'a pris ? Je n'ose pas croiser son regard. Mais, au moment où je m'accroupis auprès de lui, un calme étrange m'envahit peu à peu et j'arrive à libérer sa patte du piège à loup. Mes mains se sont un peu écorchées au passage, dissipant un peu mon impression de vivre un rêve.

Je relève alors la tête et mon regard plonge dans le sien. Je ne sais pas très bien ce qui s'est passé ensuite, j'ai l'impression d'avoir plongé dans cet univers de chaleur, de vie et d'étoiles. C'était mon premier contact «physique» avec mon totem. J'ai émergé de cet univers lorsque le raton laveur m'a léché la joue et s'est éloigné de moi doucement. Je me souviens l'avoir observé me regarder une dernière fois puis disparaître dans le sous-bois.

A ce moment-là, je me rends compte que quelqu'un est en train de crier mon nom. Mon regard se pose alors sur le piège à loup, où une touffe de poils du raton laveur s'est accrochée. Je la détache avec précaution et la place dans mon portefeuille, je me relève ensuite en vitesse et, après un dernier regard pour l'endroit où a disparu le raton laveur, je regagne le car.

Les jours suivants, mon totem m'apprivoise en me faisant rêver de ratons laveurs dont je ressens les humeurs, avec qui je me rends à ma mare et, sous les étoiles, je retrouve un calme que je n'ai plus connu depuis longtemps. Je transforme la touffe de poils en pendentif pouvoir la garder sur moi sans l'abîmer.

De jour, mon comportement change peu, je cherche le moins possible les emmerdes, et, comme le Grizzli est revenu et qu'on partage ensemble nos repas, Waine et ses séides me fichent la paix pour le moment.

Pendant ces repas, Grizzli me décrit les membres des Red Rockets et m'explique pourquoi il a décidé de les rejoindre. Il me raconte que lui aussi avait aidé l'un des Red Rockets, et sa récompense avait été d'être accepté parmi eux. A son grand étonnement et au mien, je me dégèle à son contact et je lui demande comment je dois me comporter pour éviter de provoquer les Red Rockets. Peu à peu, je commence à évoquer à mots couverts l'entreprise de mon père, sa faillite et les petits boulots, les examens ratés exprès... Grizzli apprécie mes confidences, comprend ma rage impuissante face à ces mégacorporations qui ont détruit la vie de mes parents et la mienne. Peu à peu, notre relation s'approfondit.

Tant et si bien que le jour où je dois me rendre au skate park, Grizzli décide de venir avec moi. Il m'emmène à l'arrière de sa Viper et nous arrivons à l'heure du rendez-vous. Un groupe de motards, composé d'humains et de méta humains, me dévisage tandis que je descends de la moto. Je rends le casque à Grizzli, et m'avance tranquillement vers le squatt de la bande, que Grizzli m'a indiqué comme étant le chef. Je m'arrête à dix pas, au fond de la fosse du skate park et attends qu'il m'adresse la parole.

Et, comme Grizzli l'avait deviné, c'est d'abord à lui que le squatt s'adresse :
«C'est ce type qui t'a sauvé la mise l'autre jour ?
Oui, Chef.
Et c'est lui qui conviendrait pour le job ?
A vous de voir, Chef.»
Le squatt me dévisage, tandis que mon pouls s'accélère.
«Qu'est-ce que tu veux, comme récompense, mon gars ?
Devenir l'un des vôtres.
Tu manques pas d'air ! Qui te dit que nous, on a envie de te laisser te joindre à nous ?
Mettez-moi à l'épreuve ! Je peux sûrement vous être utile.»

Le squatt me jauge du regard, et murmure : «Tu fais confiance à Grizzli, et Grizzli te fait confiance, alors cela ira pour moi, mais auras-tu confiance en un ramassis de voleurs comme nous ?» Je le regarde droit dans les yeux et lui demande : «Vous en doutez ?» Il sourit et hurle : «Aventi !»

Heureusement que Grizzli m'a prévenu ! Les motards s'élancent, me frôlent à moins d'un cheveu, se croisent, reviennent sur moi en vrombissant ! Surtout, garder les yeux ouverts et ne pas bouger, ou je finirai en charpie, je dois leur faire confiance. Alors que la danse des motos devient de plus en plus effrénée, j'évoque en moi les images de la mare, des ratons laveurs et des étoiles pour garder mon calme.

Après un moment qui me paraît avoir duré bien plus longtemps que le dit ma montre, les motards sont revenus en haut du skate park. Le squatt me sourit et déclare : «Tu as montré ta détermination, tu es bienvenu parmi nous. On va te montrer notre planque.» Grizzli aussi me sourit tout en me tendant mon casque.

C'est ainsi que je suis devenu le guetteur des Red Rockets. Pendant que eux se chargeaient de toutes sortes d'opérations, j'étais chargé de surveiller l'arrivée de la Lone Star ou des autres sociétés de protections et de me barrer avant de me faire prendre. Je gagnais ainsi bien mieux ma vie qu'en tondant les pelouses ou en promenant les petits chiens, même si je continuais à le faire pour me couvrir. En général, je me faisais «doubler» par les motos de la bande lors de leur fuite, je les rejoignais ensuite au quartier général.

Mon totem continuait à me montrer des rêves dans lesquels je manifestais des capacités magiques. Au fur et à mesure que ces rêves devenaient plus précis, j'ai pris la décision de construire ma première loge chamanique dans ma chambre. J'ai ainsi appris certains sorts et la lecture d'auras astrales.

Bizarrement, mes notes et celles de Grizzli remontèrent, car à force de chercher toutes sortes de jeux de mots sur nos cours, nous les retenions mieux. Même si nos résultats n'étaient pas mirobolants, nous avons réussis à passer dans les classes supérieures les trois années suivantes. Mes parents étaient ravis de l'influence bénéfique qu'avait Grizzli sur moi, et me laissaient très facilement aller «réviser» chez lui.

Mais cette nouvelle période où je pensais avoir enfin trouver un équilibre se termina abruptement. Un soir où j'étais sensé être en train de réviser un contrôle de mathématiques chez Grizzli, la bande des Red Rockets s'est réunie pour pouvoir attaquer un entrepôt de la corporation BMW. Je me poste au coin de la rue, prêt à prévenir Grizzli si un véhicule se pointe.

Le casse devrait durer un quart d'heure entre l'ouverture de l'entrepôt, le chargement du camion et le départ. Rien de bien méchant, somme toute. C'est juste que ce quartier, on l'a déjà attaqué plusieurs fois au cours du dernier mois. Un étrange pressentiment me tord les entrailles. Comme à chaque fois que je sens le stress monter, j'essaie de visualiser le chemin qui mène à ma mare. Ce soir-là, je n'aurai pas le temps de l'atteindre.

Un coup de feu éclate, brisant le silence et me faisant sursauter. D'autres suivent, tous venant de l'entrepôt. Je dois déguerpir, je commence par jeter le talkie qui me relie à Grizzli, comme nous nous l'étions promis. Il m'avait expliqué que je ne devais jamais me faire prendre avec. Parano comme il l'était, Grizzli l'avait mis sous cellophane pour que la Lone star ne trouve ni mes empreintes ni mes cheveux dessus. Conformément à ses instructions, je fourre le cellophane dans ma poche, à côté des restes de mon repas.

Les motos et le camion tournent au coin de l'entrepôt, roulant à vive allure. Ils me dépassent sans s'arrêter et je ressens un vide à leur passage. Mon esprit se projette et remonte leur file, je cherche, mais qu'est-ce que je recherche au juste ? Brusquement, je comprends d'où me vient cette sensation de vide, l'aura de Grizzli ne se trouve pas parmi eux.

Je reviens brutalement dans mon corps, des frissons me secouent de la tête aux pieds. Où Grizzli a-t-il bien pu passé ? S'il était blessé, je l'aurai senti quand même... Au mépris de tout ce que je suis sensé faire, prudemment, je m'avance dans la ruelle.

Dieu que la ruelle est longue ! De l'entrepôt, au loin, je vois des hommes qui s'agitent, ils essaient de circonvenir l'incendie, je suppose que les Red Rockets se sont servi de leurs grenades incendiaires. Des caisses empêchent qu'on me voit pour le moment. C'est alors que j'aperçois la moto de Grizzli, une balle bien placée a fait exploser son réservoir. Des sueurs froides me coulent le long de l'échine. Je n'arrive pas à localiser Grizzli, il faudrait que je m'avance à découvert, cette option est trop risquée, il ne me reste qu'un moyen de le localiser, la projection astrale.

Je me cale entre deux caisses dans un coin sombre, espérant que cela suffira pour dissimuler mon corps pendant que mon esprit le quittera. Je me projette, mon esprit se faufile entre les caisses. Examinant les moindres recoins, je finis enfin par retrouver Grizzli, à l'arrière d'une camionnette de la Lone Star avec un autre gars de la bande, Jacal. J'examine rapidement Grizzli, il est salement touché et personne ne semble préoccupé par ses blessures. Des employés de la Lone Star sont en train de l'interroger.

Il faut que j'aille prévenir le squatt, ces types ne sont pas assez nombreux si les Red Rockets reviennent en force ! Je retourne en vitesse dans mon corps, et sors de ma cachette, direction la planque. Mais je n'aurai jamais le temps de prévenir les autres, une électromatraque me caresse le crâne à la sortie de la ruelle.

Les semaines suivantes, je me fais interrogé pas toujours gentiment par la Lone Star. Je clame mon innocence, la seule raison de ma présence dans cette ruelle étant officiellement une curiosité un peu mal placée pour les incendies et les coups de feu. J'étais en train de retourner chez moi.

Heureusement pour moi, mes parents m'ont voulu savoir où j'étais dès le lendemain via mon téléphone portable. Quand les gars de la Lone Star leur ont répondu à ma place, mes parents sont tombés des nues. Comment ? Leur petit Jimmy était aux mains de la Lone Star ? Mais pourquoi ? Ils ont alors engagé le meilleur avocat du quartier et ont tout tenté pour me sortir de là.

Pendant ce temps-là, on m'affectait un nouvel inspecteur, chargé de me faire comprendre que j'étais en grand danger, qu'il valait mieux que je dise exactement ce que je fichais là-bas, ainsi que tout ce que j'avais vu pour aider à mettre ces dangereux voyous derrière les verrous. Je m'en tenais à ma version, déclarant que je ne voyais pas de quoi il parlait. Le pot aux roses, c'est quand le gars s'est cru obligé de me dire que je n'avais pas à craindre les représailles des Red Rockets, que je serai protégé par la Lone Star. Bref, je continuais à être en taule parce qu'il voulait me protéger.

J'aurai pu m'en tirer assez facilement, si l'attaque n'avait pas fait un mort parmi les gars de la Lone Star. Lorsque ce pauvre type a passé l'arme à gauche dans sa chambre d'hôpital, cela les a rendu furieux, ils m'ont fourré le talkie sous le nez en me hurlant dessus pour me faire avouer. C'est à peu près à ce moment-là qu'ils ont appris que l'un de mes meilleurs potes faisait partie des Red Rockets. Mais je n'avais pas cherché à le cacher, j'oubliais juste de leur dire que j'en faisais partie moi aussi. Je jouais les naïfs quand les gars de la Lone Star me décrivaient les activités des Red Rockets.

Ils ont essayé de nous monter les uns contre les autres, me disant qu'ils m'avaient dénoncé, et vice-versa. Dieu merci, ils ne se sont pas aperçus que j'étais un Eveillé, et, à chaque fois qu'ils m'annonçaient que Grizzli ou Jacal avaient tout balancé, je restais de marbre ayant assisté par voie astrale à l'interrogatoire. Jusqu'au jour où Jacal a craqué et m'a dénoncé comme guetteur, il a même signé ses aveux. C'était désormais sa parole contre la mienne.

Je suis donc passé en jugement, et j'ai écopé d'une peine de prison, pour non assistance à personne en danger vis-à-vis du gars de la Lone Star décédé. Le témoignage de Jacal aurait pu me faire écoper de bien plus, mais mon avocat a été suffisament intelligent pour appeler Grizzli à la barre qui a confirmé tous mes dires.

Mes parents ont été effondrés d'apprendre que je partais pendant un an dans une prison d'état. En voyant leur air peiné, j'ai compris que je devais faire un choix pour ne plus leur faire de mal: soit je rentre sagement dans le rang, en faisant une croix sur ma vengeance sur ce maudit système imposé par les mégacorporations, soit je fais en sorte que la Lone Star et les autres corporations ne remontent jamais jusqu'à moi.

Je me suis décidé pour devenir un shadowrunner. En prison, j'apprends le nom d'un decker, Drunken Nightmare, qui serait capable d'effacer mon SIN. Dès ma sortie de prison, je le contacte et m'endette afin de mettre mes parents à l'abri de mes frasques. Puis, je me prépare à déménager, rester dans ce quartier ne me dit rien car je suis fiché comme délinquant même si mes parents ont toujours défendu mon innocence.

Le squatt et les autres membres de la bande m'offrent une Rapier, en me souhaitant bonne chance pour la suite. Je leur demande de me tenir au courant de la sortie de prison de Grizzli. Puis je pars pour Seattle où Ice, un ami des Red Rockets, m'aide à m'installer. Ma nouvelle voisine s'appelle Jaina, elle est infirmière et plutôt jolie, elle m'a proposé de m'aider à transporter mes cartons et à venir boire un thé chez elle un de ces jours. Grizzli m'a aussi confié le numéro d'un ex-journaliste, qui l'avait aidé à trouver des petits boulots avant qu'il parte pour New York, j'en ferais bon usage.

Je rouvre les yeux sur ma chambre, et repense à ma planque. Encore quelques coups de pinceau et ma nouvelle loge chamanique sera prête. J'enfile mon manteau, récupère mon téléphone. L'enveloppe dans une main et mon seau de peinture dans l'autre, j'adresse une pensée à tous ceux que j'ai laissés à New York : «On se reverra bientôt, dès que j'aurai fini de rembourser ma dette et de faire payer Ares et tout ce maudit système...»

Message édité par totbung le 04-02-2008 à 18:41

Arwen

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Messages : 139
Localisation : Quelque part entre une guitare, une flûte, deux trois partoches, de beaux nuages cotnneux, une feuille de canson, un pinceau, un crayon et un bon bouquin... Niark, bonne chance pour me trouver! ;p

Posté le 02-12-2007 à 09:25:28  Voir le profil de Arwen Envoyer un message privé à Arwen 

J'adore!!!

Tu écris super bien, je ne comprend pas que tu n'aies pas osé poster avant! je veux la suite!

J'aime... lui

totbung

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Messages : 450
Localisation : dans les trains...

Posté le 02-12-2007 à 13:03:00  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Totbung rougit très fort face à son invitée, ne pas avoir osé depuis aussi longtemps est sans doute du à un manque de courage ou à un excès de timidité...

Mais puisque Gwaënardel a demandé la suite, sous ses encouragements, Totbung lui tend une nouveau parchemin sur lequel est inscrite la suite de l'histoire :

Edit : Déplacé pour plus de lisibilité

Message édité par totbung le 04-02-2008 à 18:38

Fray

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Messages : 770
Localisation : Hexagonal Kingdom T__T

Posté le 02-12-2007 à 16:37:13  Voir le profil de Fray Envoyer un message privé à Fray 

Très sympa, j'ai lu le début la nuit dernière ^^
Le style est fluide, et cette séparation en petits paragraphes est vraiment agréable, surtout pour la lecture sur un écran.

Jutse une petite chose relevée rapidement :

Grizzli apprécie mes confidences, comprend ma rage impuissante face à ces magacorporations qui ont détruit la vie de mes parents et la mienne

Mégacorporations non ?

http://img137.imageshack.us/img137/6317/miniban1copie9cu.jpg

Sabrina

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Messages : 268
Localisation : perdue dans les étoiles

Posté le 02-12-2007 à 20:09:44  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

J'aime bien comme tu écris aussi!! On est bien dans l'histoire!! J'ai pas encore eu le temps de lire la deuxième partie , mais je la lirais bientot! juste une petite chose peut-être:

-"Il n'y a pas encore si longtemps", peut-être que ça irait mieux "il n'y a encore pas si longtemps", mais bon comme ça ça va aussi!!

espoir...

totbung

Inscrit le : 06 jan 2006
Messages : 450
Localisation : dans les trains...

Posté le 02-12-2007 à 20:22:31  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

*** Totbung sautille de joie face aux commentaires des personnes qui ont pris la peine de lire son écrit. Merci beaucoup !!!***

Oui, tu as raison, Fray, c'est mégacorporations et non magacorporations =) Et merci pour ton commentaire sur la taille des paragraphes, j'essairai de continuer sur le même style =)

Quant à ta suggestion, Sabrina, je vais y jeter un oeil dès que j'aurai un moment =) (j'ai des invités à la maison pour le moment. )

En attendant, voici la fin de cette première partie de l'histoire de Varden :

Edit : Déplacé pour plus de lisibilité

Message édité par totbung le 04-02-2008 à 18:39

Sabrina

Inscrit le : 11 mars 2007
Messages : 268
Localisation : perdue dans les étoiles

Posté le 03-12-2007 à 12:38:26  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

C'est toujours aussi passionnant et prenant!!

"sa patte piégée dans le piège à loup"le mot piege fait un peu repetition je trouve, il faudrait peut-etre en enlever un des deux

-"Après un moment qui me paraît avoir duré bien longtemps que le dit ma montre", je pense qu-il manque un mot, ce ne serazit pas plutot: Après un moment qui me paraît avoir duré bien plus longtemps que le dit ma montre

Je suis au college donc je finirais mes commentaires une autre fois^^

espoir...

totbung

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Posté le 03-12-2007 à 14:01:48  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Et moi au travail, mais je vais prendre 1minute pour vous dire merci : vous ne savez pas à quel point cela me fait plaisir d'avoir vos avis =)

Tu as raison Sabrina, il manque un "plus", je corrigerai plus tard, je dois retourner travailler, merci encore de lire mes écrits =)

Sabrina

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Posté le 03-12-2007 à 17:36:20  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

voila la suite de mon commentaire! je suis toujours au college, mais j'ai fini de travailler^^ enfin je suis censee continuer mes devoirs mais bon...enfin voila quoi trop interessant lol!!

-"déclarant que je ne voyais pas de quoi il paraît." , je pense qu'il y a une tite faute d'inattention "de quoi il parlait"

-juste, c'est quoi un SIN? :( je suis surement la seule a pas savoir mais bon...
Autrement peut-etre qu'il faudrait que tu donnes plus d'informations sur le totem, je sais pas, parce que la tu en parles mais on ne sait pas vraiment ce que c'est, ou peut-etre que j'ai saute un paragraphe en lisant^^ ou peut-etre que c'est fait expres pour faire durer le suspense je sais pas...

espoir...

totbung

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Posté le 03-12-2007 à 18:21:10  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Non, non tu as raison, SIN et totem sont des mots rencontrés dans Shadowrun, mais sans explication, c'est un peu compliqué...

SIN = fichier qui regroupe toutes tes données officielles, ton numéro de sécurité sociale, ton casier judiciaire, ton adresse, ton téléphone, tes liens familieux, ... entre autres !

Totem = animal ou créature imaginaire, qui permet au chaman d'acquérir des pouvoirs. Les chamans amérindiens invoquaient ainsi la force du taureau, la ruse du renard, etc... Dans Shadowrun, les totems apparaissent aux chamans, et si les deux se mettent d'accord, le totem donnera des pouvoirs magiques au chaman, en échange de quoi le chaman devra se comporter d'une certaine façon.

Voilà, si tu as d'autres questions n'hésite pas !

Message édité par totbung le 03-12-2007 à 18:21

Sabrina

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Posté le 03-12-2007 à 18:26:12  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

Okaaaaay mercii!!! Je comprends mieux la rencontre avec le raton-laveur^^!!

espoir...

totbung

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Posté le 03-12-2007 à 18:28:35  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

De rien =) Bon, je dois filer, merci de m'avoir lu et de m'avoir donné tes avis !

Stella

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Posté le 03-12-2007 à 19:21:52  Voir le profil de Stella Envoyer un message privé à Stella 

rhaaa pas le temps..... promi je le li bientot!!! nan pis cet écran est pas agréable,....j'ai juste 'feilleté' le lien wikipédia, et je me dis qu'y a vraiment des fous tarrés sur notre terre!!! ^.^
bizous!

-'C'est parce qu'y fait tout noir que tu pleure??' -'Nan, je trouve plus mon yogourt!' http://img369.imageshack.us/img369/2031/bonhommebleu51qw.gif

totbung

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Posté le 04-12-2007 à 18:28:50  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Prenez votre temps =) cela me fait très plaisir de savoir que vous lisez ou lirez ces écrits =)

Edit : En fait, j'ai créé ce personnage pour jouer à Shadowrun, mais pour l'instant, je ne le joue que dans sa vie "professionnelle". Comme je le joue de façon un peu trop mécanique, j'aimerai créer la suite de sa vie personnelle par écrit afin d'améliorer mon "roleplay".

Alors si vous le permettez, je vais mettre ici la suite de son histoire, ses coups de gueule, ses nouvelles relations, ses doutes, ses espoirs...

N'hésitez pas à critiquer autant le fond de la forme !!! Et s'il manque des détails, car j'ai pris la décision d'écrire sa vie qu'après quelques parties de jeux de rôles, demandez-les-moi, j'essairai de vous faire un résumé express ! =)

Merci d'avance pour votre lecture et vos avis

Message édité par totbung le 04-12-2007 à 18:52

totbung

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Posté le 04-12-2007 à 18:54:20  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Le vieux raton-laveur et moi sommes en train de "parler" lorsqu'un bruit dans l'arbre au-dessus de nous nous fait lever la tête. Un éclair orange se faufile entre les branches et s'éloigne de nous, visiblement effrayé. L'Ancien, comme je l'ai surnommé, se dirige subrepticement vers la dernière cachette du petit animal et, écartant doucement les branches de sa patte, m'invite à regarder. Frissonant, un petit lézard se recroqueville tandis que je tends ma main pour l'attraper délicatement. Alors que je le lève au niveau de mes yeux pour l'observer, le lézard se blottit dans le creux de ma main, heureux de trouver un peu de chaleur.

DRING, DRIIIIIIIING, DRIIIIIIIII... CLUNK ! Pourquoi ce fichu réveil se déclenche toujours au beau milieu de mes rêves... J'hésite à me fourrer la tête sous l'oreiller pour faire la grasse mat', mais l'image du petit lézard me revient à l'esprit. Dans les rêves où je suis en paix avec mon totem, c'est la première fois que je vois un autre animal. Un petit tour à la bibliothèque pour récolter des informations serait une bonne idée. Je soupire et me lève, tout est toujours si paisible dans mes rêves, pas de balles qui sifflent à mes oreilles, pas de sueurs froides pendant que Crescendo s'acharne sur cette foutue serrure magnétique avec des chiens cracheurs de feu à nos trousses. Je frissonne, le dernier run a bien failli être le dernier, heureusement pour moi que Kaori a bloqué ce chien, que Crescendo nous a ouvert la porte... J'aurai bien aimé que Dream soit là pour faire parler son fusil... Je me secoue la tête pour chasser les idées noires et descends par une pluie venteuse vers la bibliothèque universitaire.

Sur place, je fais un grand sourire à la bibliothécaire qui plisse le nez à la vue des flaques que je laisse derrière moi, et monte quatre à quatre les escaliers vers la section zoologie. C'est que je commence à connaître par coeur les rayons à force d'y traîner. Grizzli serait étonné de me voir devenu rat de bibliothèque. Je souris et commence à chercher des informations sur de petits lézards de couleur orange. Je trouve toutes sortes d'images de lézards avec leurs noms et leurs descriptions, et je lance l'impression des résultats. Je récupère mes feuilles, et, tout en commençant à lire, je cherche une place où continuer tranquillement ma lecture.

Je manque de renverser une jeune fille aux cheveux roux en tournant le coin d'un rayonnage. Surprise, elle a un mouvement de recul et laisse tomber des documents par terre. "Pardon" "Excusez - moi" " Je ne vous avais pas vu" "J'étais perdu dans mes pensées et..." Nous avons parlé en même temps et elle rougit d'embarras. Je lève les mains en signe d'apaisement et me baisse pour ramasser les documents qu'elle a laissés tomber. Elle s'agenouille et commence à faire de même lorsque je tombe sur une feuille imprimée ayant pour titre "vie, moeurs et habitat" avec une photo de raton-laveur. Je la regarde, elle recommence à rougir tandis que je déglutis. Je lance, la voix un peu tendue : "Vous ne vous y connaîtriez pas en lézard, par hasard ?" C'est mon tour de rougir et elle de me regarder étonnée : "Comment ?" Je lui montre alors mes propres documents et elle écarquille les yeux de surprise : " Vous... Voous êtes... " La bibliothécaire passe alors à côté de nous et chuchote : " Silence, s'il vous plaît ! " Je ramasse tous nos documents et, avant que la jeune fille ne proteste, je lui lance : "Puis - je vous inviter à boire un verre ? On sera plus tranquille pour parler." Elle hoche la tête et nous ressortons dehors, sous la pluie.

Heureusement, un petit café où les étudiants ont l'habitude de se retrouver pour philosopher entre deux cours est ouvert en cette heure matinale. La jeune fille et moi commandons un café et un chocolat chaud, et après un silence un peu tendu, je décide de me lancer : "J'ai fait un drôle de rêve cette nuit, un petit lézard peureux a bien voulu que je le prenne dans ma main et j'ai pu l'observer tandis qu'il se réchauffait." Un autre silence s'installe entre nous pendant que le serveur nous sert nos boissons. Quand il s'éloigne, ma voisine commence à chuchoter d'une si petite voix que je dois me pencher pour l'écouter : " Moi aussi, j'ai fait un drôle de rêve, j'étais en train de marcher, j'avais soif et un raton-laveur m'a guidé jusqu'à une mare où j'ai pu étancher ma soif. Il m'a ensuite réchauffé pendant que je m'endormais. C'était la première fois que je voyais un raton-laveur dans mes rêves. " Elle me regarde timidement, je lui adresse un sourire et lui dit : "Moi aussi, c'est la première fois que je vois un lézard orange.
- C'est un Gecko, répond - elle en souriant.
- Je m'appelle Varden, et vous, comment vous appelez - vous ? Et puis - je te tutoyer, s'il te plaît ?
- Je m'appelle Chloé. Tu peux me tutoyer, si je peux faire pareil moi aussi.
- Marché conclu ! "

Tout le restant de la journée, nous le passons ensemble, à déambuler dans le campus ou à courir nous mettre à l'abri sous les porches, toujours en nous parlant, et si des silences s'installent quelques fois, la gêne qui les provoquait au départ en disparaît peu à peu totalement. Cette jeune fille, Chloé, est charmante et, une fois mise en confiance, se révèle être gentille et ouverte à toutes sortes de discussions. J'esquive comme je peux certaines questions, car je ne veux pas que ma couverture d'étudiant explose, mais, si Chloé passe à autre chose quand elle me sent gênée, je ressens comme un coup de poignard le voile qui passe sur ses yeux quand je ne lui dis pas toute la vérité.

A la fin de la journée, Chloé s'apprête à repartir pour sa résidence, et je me sens frustré. Sans trop savoir ce que je fais, je lui demande si on peut se revoir le lendemain. Elle me sourit, me répondant : " Pourquoi pas ? A demain alors." " A demain." Je la laisse s'éloigner, ne sachant sur quel pied danser.



Edit : Varden est une sorte de mercenaire, lorsqu'il participe à une mission ou effectue un travail, dans Shadowrun, cela s'appelle faire un run ou courir les ombres...

Message édité par totbung le 04-12-2007 à 18:57

totbung

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Posté le 08-12-2007 à 20:53:31  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Je mets le manque de réponses de cette semaine sur le compte des achats de cadeaux de Noël... (J'espère que la suite n'est pas "si pire que ça" ?)

A la fin de la journée, Chloé s'apprête à repartir pour sa résidence, et je me sens frustré. Sans trop savoir ce que je fais, je lui demande si on peut se revoir le lendemain. Elle me sourit, me répondant : " Pourquoi pas ? A demain alors." " A demain." Je la laisse s'éloigner, ne sachant sur quel pied danser.

La soirée se passe sans évènement notable. Au moment de m'endormir, je repasse dans ma tête les moments forts de cette journée, je revois Chloé, son sourire timide, ses yeux pétillants de malice, et le voile qui les obscurcit quand je mens. Pourquoi je ne lui fais pas confiance ? Pourquoi cela me fait si mal de la rendre triste par mes mensonges ? Je me rends compte que la dernière et la seule personne à qui j'ai fait confiance pour lui raconter toute la vérité sur moi est Grizzli, mon seul véritable ami. Depuis notre arrestation et mon départ pour Seattle, je n'ai plus aucune nouvelle de lui. Je mens à mes parents, je ne me suis pas lié avec des gens de Seattle... J'ai développé une relation de confiance dans le travail avec mes coéquipiers de runs, mais je ne vois pas pourquoi je leur parlerai de ma vie privée. Je n'ai personne avec qui parler des choses normales, se faire un repas entre amis, évoquer mes doutes, partager des secrets...

Jusque-là, je n'en avais jamais vraiment eu besoin, mais depuis ce run où j'ai failli y passer, je me rends compte que personne ne se serait inquiété de ma disparition, du moins pas pour les bons motifs, mis à part Grizzli, lorsqu'il serait enfin sorti de prison. "Arrête de jouer les psy tout seul, imbécile ! Dors ! " Je me fourre la tête sous l'oreiller, et m'efforce de dormir. Lorsque, enfin, je m'endors, je me retrouve à ma mare, je tiens le petit Gecko endormi dans ma main. Si petit, si fragile. Est-ce que je peux lui mettre le poids de mon existence sur les épaules ? En ai-je le droit ? Je m'adosse à un tronc d'arbre, en proie au doute.

Un aboiement furieux me parvient aux oreilles. Redoutant une nouvelle attaque d'un chien toxique, je me dirige vers l'origine du bruit. Un chien fait le tour de la mare, il fait décamper les ratons laveurs dans les arbres. L'Ancien est en train de parler avec lui lorsque j'arrive, le Gecko dans les bras. Le chien se précipite et l'inquiétude qu'il ressent pour le petit Gecko me transperce la poitrine. Il n'est pas là pour nous attaquer ! Se dressant sur ses pattes, il fourre son museau au niveau du Gecko, celui-ci choisit ce moment pour pousser un soupir de bonheur et se réveiller. Le chien me dévisage d'un air un peu surpris mais le gecko a décidé que, maintenant qu'il était réveillé, c'était l'heure des jeux. Lui, le chien, les ratons laveurs se mettent à se courir après et je les regarde faire, amusé. L'Ancien me pousse, je me fais un peu prier mais je finis par me prendre au jeu. Nous finissons par nous écrouler pêle-mêle, fatigués mais heureux. Je me repose, tout en regardant les étoiles...

DRRRRRRRRRRRRRRR... CLUNK ! Je vais finir par le jeter par la fenêtre ce fichu réveil ! Je me lève assez rapidement, j'ai envie de revoir Chloé, de découvrir qui est son ami qui a le totem du chien. Une pensée m'effleure : et s'il s'agissait de son petit ami ? Eh bien, je ne suis pas à la recherche d'une petite amie de toute façon, alors cela ne devrait pas poser de problème. En plus, je ne la connais même pas tant que ça, alors avant d'envisager ne serait-ce qu'une amitié, il faudrait déjà que j'arrive à lui dire mon vrai nom et à lui raconter plus de choses sur moi.

J'arrive sur le campus, et me rends compte que je n'ai pas convenu d'un point de rendez-vous avec Chloé. Je sais qu'elle fait des études de biologie pour devenir vétérinaire, d'après ce qu'elle m'a dit la veille, mais je ne sais rien de son emploi du temps. Un peu indécis, je décide de refaire le trajet que nous avons fait la veille, en commençant par la bibliothèque. J'en profiterai pour m'informer sur les Geckos. Je reviens de la salle d'impression lorsque j'aperçois dans la salle de lecture Chloé très concentrée sur un livre. Je m'approche doucement tandis qu'elle prend des notes. Quand il me semble qu'elle fait une pause, je pose ma main sur la sienne et, tandis qu'elle relève la tête et me sourit, je chuchote : "Bonjour Chloé, finis tranquillement. " Elle hoche la tête et chuchote à son tour : " D'accord. " Elle se remet au travail et je lis mes impressions sur les Geckos. La bibliothèque est calme, "travailler" à côté d'elle est reposant. Je termine assez rapidement, et, par désoeuvrement, je vais me chercher un roman pour attendre. Lancelot du Lac, traduit du vieux français. Pas compliqué, les bons d'un côté, les méchants de l'autre, d'après le quatrième de couverture. Si la vraie vie pouvait être aussi simple. Je me prends aussi un livre sur la France actuelle, car j'y ai quand même passé deux mois sans préparation, alors on ne sait jamais, j'aimerai mieux savoir où je mets les pieds la prochaine fois.

Je commence à lire, et me passionne pour les histoires des chevaliers, tant et si bien que je sursaute quand Chloé me pose la main sur l'épaule. " J'ai fini, veux-tu terminer ta lecture ? " "Je la lirai plus tard, c'est pour ma culture générale. " Elle sourit. Pourquoi ai-je l'impression qu'elle sait instinctivement que je lui ai dit la vérité ? Je range les livres dans mon sac et nous sortons de la bibliothèque. Je lui demande : "Qu'as-tu envie de faire ?" "Manger, il est près de midi" "Déjà ?" Je regarde ma montre, incrédule. "Sauf si tu n'as pas faim.", ajoute-t-elle. "Non, on peut y aller." "On mange au RU ?" Une alarme se déclenche dans ma tête, je ne peux pas y manger, je ne suis pas étudiant. Il ne faut pas que... Mais je revois mes rêves, je me sens mal à l'idée de lui mentir. "Ou si tu préfères, on peut aller manger à la cafet." La cafétéria est ouverte à tout le monde. Je réponds prudemment : "Je préférerai." "C'est parti !"

Nous nous rendons donc à la cafet, et après avoir pris nos plateaux, nous nous installons près de la baie vitrée. Je m'apprête à lui dire bon appétit, lorsque Chloé s'exclame : " Papa !" Elle ajoute à mon intention : "Je reviens !" et se dirige vers un homme de haute stature, aux cheveux poivre et sel. Il vient de déposer son plateau à une table un peu plus loin, Chloé lui fait la bise et ils discutent un peu. Chloé me fait un signe de la main auquel je réponds gauchement par un hochement de tête, l'homme m'examine puis sourit lorsque sa fille lui chuchote quelque chose à l'oreille. Puis Chloé retourne à notre table, et je demande, intrigué : "Qu'est-ce que tu as dit à ton père sur moi, s'il te plait ?" Elle sourit et se penche vers moi, je me penche à mon tour et elle me chuchote au creux de l'oreille : "Je lui ai dit que le raton-laveur est ton totem. Le chien est le sien." Je la regarde, étonné qu'elle me confie cela. En même temps, je suis gêné qu'elle ait dit à son père que je suis un chaman raton-laveur. Elle s'en rend compte et me demande : " Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'aurai préféré que tu gardes cela pour toi.
- Je n'ai pas de secret pour mon père. Surtout qu'il était étonné de rêver de raton-laveurs la nuit dernière.
- Ton père aussi a...
- Pas toi ?, me demande-t-elle.
- Ben, oui, d'un gecko, d'un chien et... toi aussi, tu as rêvé de ...
- Oui, moi aussi. "
Un ange passe pendant que je cherche à comprendre, mes rêves chamaniques se sont rarement révélés aussi directs. Chloé me demande alors : " Qu'est ce que tu fais ce soir, Varden ? " Mon surnom m'écorche les oreilles. "Rien pour le moment." " Alors, cela te dirait de venir manger chez mes parents ce soir ? " Malgré toutes les alarmes qui se déclenchent dans mon cerveau, je me surprends à lui répondre par l'affirmative.

Sabrina

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Posté le 09-12-2007 à 12:28:04  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

Je suis désolée de ne pas avoir laissé de commentaires avant, ce n'est pas du tout que la suite n'est pas bien, rassures-toi!! C'est juste que ces derniers soirs j'ai eux des spectacles de danses qui ont fini très tard donc j'ai pas eu le temps de lire la suite :'( Et hier je suis allée acheter les cadeaux de noel^^ :) je suis contente j'ai trouvé pas mal de trucs, enfin bon... J'ai enfin pu lire la suite, et je trouve qu'il n'y a rien a changer, c'est bien écrit, c'est simple a comprendre et on est vite plongé dans ce monde avec des totems!!^^ Je me réjouis de lire la suiiiiiite!!!

espoir...

totbung

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Posté le 09-12-2007 à 12:43:21  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Pas de problème, Sabrina ! J'avais deviné que les achats de cadeaux de Noël étaient l'une des raisons. En plus, moi aussi, j'ai un spectacle d'escrime artistique prévu pour le 20 décembre, alors je vais avoir des répétition très prochainement, je te comprends à 100% :)

Merci beaucoup pour tes encouragements, je met la suite =)

Un ange passe pendant que je cherche à comprendre, mes rêves chamaniques se sont rarement révélés aussi directs. Chloé me demande alors : " Qu'est ce que tu fais ce soir, Varden ? " Mon surnom m'écorche les oreilles. "Rien pour le moment." " Alors, cela te dirait de venir manger chez mes parents ce soir ? " Malgré toutes les alarmes qui se déclenchent dans mon cerveau, je me surprends à lui répondre par l'affirmative.

Pendant l'après-midi, Chloé est partie assister à ses cours, et je retourne chez moi, l'esprit en feu. Qu'est-ce qui m'a pris ? Je suis tombé sur la tête, me voilà invité dans une famille que je ne connais quasiment pas, à un repas où je ne pourrai pas esquiver éternellement les questions sans finir par être malpoli. J'essaye d'inventer des excuses pour ne pas y aller, mais à chaque fois que je m'imagine en train de mentir à Chloé, mon coeur me fait mal. Je finis par me prendre une bonne douche et me préparer à y aller, je me sens comme un animal qu'on mènerait à l'abattoir. Je me rends au lieu de rendez-vous avec un peu d'avance.

Chloé est déjà là et me sourit, mais une tension s'installe entre nous. Nous marchons en silence, j'aurai bien envie de hurler pour le briser, lorsque Chloé commence à parler : " Ce soir, mes parents reçoivent des collègues de travail, et je n'avais pas envie de me retrouver seule au milieu de tous ces inconnus. J'espère que tu ne m'en veux pas." C'est pour ça qu'elle m'a invité ? Je reste sur mes gardes. Elle ajoute : "Nous venons de Milwaukee, on vient de déménager." Elle pince ses lèvres et murmure : " Je comprendrai que tu n'aies pas envie de venir, si tu veux, tu peux, je ne t'en voudrai pas. "

Je m'arrête pour la regarder, et, me rendant mon regard, elle attend ma réponse. Je lui demande : "Pourquoi m'as-tu invité ? Tu ne me connais pas !
- Je sais, mais je ne sais pas pourquoi, j'ai confiance en toi. Je ne parle jamais aussi facilement à des gens que je connais à peine, et hier, je t'ai parlé, j'avais, non, j'ai confiance en toi, j'ai envie d'apprendre à te connaître, à te confier des secrets, j'aimerai qu'on devienne amis.
- Tu n'as pas l'impression qu'on va trop vite ?"
Elle se tait quelques secondes qui me paraissent durer des heures. Elle répond, hésitante : " Tu as sans doute raison, c'est trop rapide..." Je lui coupe la parole " En fait, c'est pareil pour moi, j'ai l'impression que je peux te faire confiance et tout te dire, mais je..." Les alarmes atteignent leur paroxysme. Elle est suspendue à mes lèvres, ma gorge est nouée et j'articule difficilement : " ca fait tellement longtemps que je n'ai pas fait confiance à quelqu'un, j'ai envie, mais j'ai peur." Elle murmure alors : " Le renard." De quoi elle parle ? Je n'y comprends plus rien. Mais Chloé me sourit timidement et ajoute à voix haute : "Il faut que je te fasse lire un texte, je crois que tu aimeras bien. Prends le temps qu'il te faut, Varden, pour que tous les deux nous nous apprivoisions." Varden, toujours mon surnom... Sur un coup de tête, je me décide. Je ne veux plus jamais qu'elle m'appelle ainsi sans savoir la vérité. Je remue les lèvres mais je n'arrive pas à sortir les mots de ma gorge. Elle fronce les sourcils et s'approche de moi. Je déglutis et essaie de nouveau, je ne reconnais pas le filet de voix qui sort de ma bouche : "Je ne m'appelle pas Varden." Ses yeux s'éclairent tandis que j'ajoute : " A ma naissance, mes parents m'ont donné le nom de James Jr. Je m'appelle James Olsen Jr. J'ai beaucoup de surnoms, à toi de me dire celui que tu veux. " Son sourire me réchauffe le coeur quand elle me répond : " A toi de me le dire. "

Nous nous remettons en marche, tout doucement, lentement. Je lui ai demandé si elle voulait bien m'appeler Jimmy, cela faisait une éternité que personne ne m'avait appelé comme cela. Je n'arrive pas encore à lui parler de tout, mais lui avoir donné mon vrai nom est déjà une belle preuve de confiance pour moi, et elle l'a senti. Elle me décrit sa vie à Milvaukee et au bout d'un moment, je perçois qu'elle aussi ne me dit pas tout. Nos regards se croisent et elle a l'air tellement désolée de se bloquer elle aussi que je la rassure à mon tour, que nous pouvons prendre le temps de nous connaître. L'image d'un chien cracheur de feu me vient à l'esprit, mais j'écarte celle-ci de toutes mes forces, je veux vivre sans arrière-pensées pour le moment. Je demande à Chloé de me raconter l'histoire du renard, et elle commence par me réciter le poème puis à me raconter la vie de son auteur, un certain Saint Exupéry, aviateur de profession.

Nous arrivons enfin chez elle, la fête bat son plein. Sa belle-mère, répondant au nom de Marianne (son père s'est remarié) nous ouvre la porte. Cette grande femme brune dévisage Chloé comme une étrangère et je subis le même regard critique. Elle s'apprête à faire une remarque lorsque Peter, le père de Chloé, arrive comme par enchantement et nous invite largement à entrer. Il nous introduit auprès de tous ses collègues, Chloé me présentant comme un ami qu'elle a connu sur le campus. Nous nous esquivons après cette tournée et nous continuons à parler ensemble jusqu'à ce que les invités commencent à s'en aller. Son père, après avoir raccompagné le dernier invité, demande à Chloé d'aller aider sa belle-mère à la cuisine pendant que lui et moi rangeons les sièges et les tables de jardin. D'abord silencieux, son père finit par me demander :
" Chloé m'a dit que votre totem était le raton-laveur, c'est bien ça ? " Je me raidis, mal à l'aise. Je finis par hocher la tête et demande à mon tour : " Et vous ?
- Le chien, me dit-il d'une voix égale. Ma loyauté et mon dévouement envers ma famille et mes proches sont sans faille. Qu'en est-il de vous, qui venez d'un totem voleur ? "

Message édité par totbung le 09-12-2007 à 13:39

Sabrina

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Posté le 09-12-2007 à 13:11:10  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

J'ai envie de savoir la suiiiiiiiiiiite!!! Je suis en train de dévorer le texte que tu as écrit^^!!! En tout cas félicitations!!!!! J'aime beaucoup cette histoire!!!

espoir...

totbung

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Posté le 09-12-2007 à 13:35:40  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

*** Totbung est devenu rouge pivoine, il comprend mieux pourquoi Elzen s'enfuit en courant à chaque fois qu'il poste un nouveau texte =) En même temps, Totbung est tellement heureux d'avoir des commentatires ravis et enthousiastes que cela lui donne très envie de continuer. ***

d'accord, d'accord je mets la suite =) cela me fait plaisir de savoir que tu la dévores =) Bonne lecture !




Nous arrivons enfin chez elle, la fête bat son plein. Sa belle-mère, répondant au nom de Marianne (son père s'est remarié) nous ouvre la porte. Cette grande femme brune dévisage Chloé comme une étrangère et je subis le même regard critique. Elle s'apprête à faire une remarque lorsque Peter, le père de Chloé, arrive comme par enchantement et nous invite largement à entrer. Il nous introduit auprès de tous ses collègues, Chloé me présentant comme un ami qu'elle a connu sur le campus. Nous nous esquivons après cette tournée et nous continuons à parler ensemble jusqu'à ce que les invités commencent à s'en aller. Son père, après avoir raccompagné le dernier invité, demande à Chloé d'aller aider sa belle-mère à la cuisine pendant que lui et moi rangeons les sièges et les tables de jardin. D'abord silencieux, son père finit par me demander :
" Chloé m'a dit que votre totem était le raton-laveur, c'est bien ça ? " Je me raidis, mal à l'aise. Je finis par hocher la tête et demande à mon tour : " Et vous ?
- Le chien, me dit-il d'une voix égale. Ma loyauté et mon dévouement envers ma famille et mes proches sont sans faille. Qu'en est-il de vous, qui venez d'un totem voleur ? "

Le sous entendu est clair comme de l'eau de roche. C'est bien la première fois que je me prends cette insulte dans les dents. Il m'est déjà arrivé de piquer une chose à droite ou à gauche, mais jamais par plaisir, seulement par nécessité. Je suis loin de l'archétype du voleur égoïste. Du moins, je me plais à le croire. J'hésite à me montrer aussi insultant que lui, de lui balancer un truc du genre "il n'y a pas besoin d'être chien pour être loyal avec ses amis", mais quelque chose que j'ai appris des négociations avec les johnsons, c'est de ne jamais abattre son jeu dès le début, mieux vaut être un peu diplomate. Je réponds, pesant mes mots : " Les totems ont tous de multiples facettes. Selon les gens, la signification du totem change, il vaut mieux juger les gens d'après leurs actes au lieu de leurs apparences et de nos a priori. " Ma réponse semble le satisfaire, il me laisse tranquille pour le moment.

Chloé et sa belle-mère nous rejoignent alors et ils me posent des questions sur le campus universitaire, auxquelles je n'ai pas trop de mal à répondre car j'y passe pas mal de mon temps libre. Quand vient la question de mon cursus universitaire, je leur explique que je ne suis pas étudiant, mais que peut-être je referai des études si cela devient nécessaire. En attendant, je fais des travails à droite à gauche, rien de bien intéressant. Comme je ne m'étends pas sur le sujet, ils comprennent que je n'en dirai pas plus pour le moment. Heureusement, Chloé décode mes réactions et me pose des questions sur les différents quartiers de Seattle pour éviter de fouiller cette question gênante. Pour répondre aux questions de Chloé, le fait d'avoir sillonné les rues de la ville en tant que runner me permet de leur indiquer quels sont les quartiers qui valent le détour, et ceux dans lesquels il ne vaut mieux pas mettre les pieds que bien protégé. Ironiquement, je connais mieux les seconds que les premiers, mais je pense que les Smith mettront ça sur le compte de la presse et des légendes urbaines qui circulent entre habitants du campus.

Peter s'intéresse plus particulièrement aux métatypes, il me demande si certains quartiers sont réservés par et pour les nains, les orks, ou les trolls. Je fronce légèrement les sourcils, un peu étonné par la question. Non, je n'ai pas cette impression, les quartiers ne sont pas réservés, mis à part les elfes sur leur île. Je le lui dis et remarque un éclair passer dans son regard : était-ce du soulagement, de la colère, de la tristesse ? Je ne saurais le dire. Marianne s'agite et passe du coq à l'âne pour me demander où je lui conseillerai d'aller faire ses courses, pour acheter des meubles, etc. Sous la foule de ses questions, je finis par éclater de rire en demandant un temps mort à la manière des arbitres de basket, les mains perpendiculaires. Je reprends alors chaque question une par une et lui explique du mieux que je peux.

Au moment où Marianne s'apprête à lancer une nouvelle salve de questions et que Peter cherche vainement à en placer une, Chloé se racle discrètement la gorge et leur indique du menton une antique horloge qui se met à sonner 12 coups. "Minuit déjà ! Je n'ai pas vu le temps passé, s'exclame Marianne. Merci pour tous ces renseignements, mon petit James, j'espère ne pas vous avoir ennuyé avec cela." Alors que Peter prend sa respiration pour se lancer pendant que je la rassure en secouant la tête, elle lui coupe l'herbe sous le pied en me remerciant, ajoutant que je serai toujours le bienvenu dans leur maison, puis elle demande à Chloé de me raccompagner jusqu'à la porte.

Tandis que je remets mon manteau, Chloé me glisse que sa belle-mère est très bavarde, qu'il ne faut pas lui en vouloir. Je laisse mon étonnement se dessiner sur mon visage : " Pas de problème, cela ne me dérange pas de parler avec elle. Même si je crois que ton père aurait bien aimé en placer une. " J'ai ajouté cette dernière phrase sur le ton de la plaisanterie, mais Chloé y répond d'un air songeur : " Oui, je crois qu'il aurait bien aimé te parler plus longtemps".
- Ce n'est pas grave, on aura le temps la prochaine fois." Chloé sourit à ma réponse. Nous nous souhaitons mutuellement une bonne nuit et un bon weekend, et je repars chez moi soulagé, ayant l'impression d'avoir passé une épreuve importante.



Ps : "jonhson" est un terme qui désigne toutes les personnes qui engagent des runners comme Varden pour faire des missions.

[Suite à venir]

Message édité par totbung le 09-12-2007 à 13:51

Sabrina

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Posté le 09-12-2007 à 14:40:06  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

J'ai encore dévoré la suite!!!! J'ai pas pu la lire dès que tu l'as postée parce que je dois faire tout le ménage chez moi :'( et j'ai pas encore fait à manger!!! Tu as mis beaucoup de temps pour écrire tout ça?

espoir...

Anonyme

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Posté le 09-12-2007 à 16:49:53  

Moi aussi, j'ai du ménage à faire je te poste la suite juste avant d'y retourner =). Oui, j'ai mis quelques mois à écrire tout ça, j'écris depuis pas très longtemps en fait, je me rends compte que cela me plaît et avoir des lecteurs qui me font part de leurs commentaires et de leurs remarques est très valorisant.

Voici donc la suite =) :
Pendant le weekend commencé par le premier repas que j'ai pris dans la famille de Chloé, je me suis mis à réfléchir.

Suite à l'enlèvement de la famille de Dream, j'avais été un peu secoué et j'avais cherché à comprendre ce qui pouvait bien pousser des métahumains à se monter les uns contre les autres, comment certains pouvaient décider qu'un autre métatype leur était inférieur. J'ai commencé par des recherches à la bibliothèque sur les cas de discrimination... Mais il y en a tellement depuis le début de l'histoire de l'humanité que mon dégoût pour les racistes de tout poil n'a cessé d'augmenter. Dans le même temps, des lueurs d'espoir apparaissaient ça et là, les résistants pendant le second Reich, les hippies et autres peace and love qui dénonçaient la guerre du Viet Nam, les chamans des indiens et la raclée mémorable qu'ils ont mis aux UCAS, pour ne prendre que les plus récents...

Peu avant mon exil forcé en France, je me demandais si moi aussi j'aurais le courage de prendre le maquis pour résister face à un pouvoir oppresseur. Mais le fait d'avoir cotoyé la mort d'un peu trop près à mon goût pendant cette mission m'a fait réfléchir, l'oppression est omniprésente dans le monde dans lequel je vis, le policlub humanis n'a pas besoin d'être aux rênes du pays ou même de la ville pour faire du mal à d'autres personnes, alors qu'est-ce que j'attends ? J'attends de voir la mort en face pour me rendre compte que ma vie n'a servi à rien ? Il faudrait que je l'utilise à meilleur escient, car la vie de runner n'est qu'une vie en sursi.

Lorsque j'ai expliqué à Chloé, ma gentille amie gecko, qu'un de mes collègues avait été agressé à cause de son métatype et que j'aimerai faire quelque chose pour empêcher que cela ne se reproduise, elle m'a tout de suite proposé de m'aider dans mes recherches. Son père travaille comme bénévole dans une association : L'Aurore, qui a pour but d'aider les métahumains à lutter lorsqu'ils sont victimes de discrimination. Curieux, je lui demande ce que je devrai faire, et Chloé me sourit en me répliquant que je n'ai qu'à aller sur place, que toutes les bonnes volontés sont les bienvenues d'après ce qu'en dit son père.

C'est ainsi que je me retrouve la semaine suivante sur le toit d'une bicoque située juste à l'orée des Barrens, dans un bleu de travail trois fois trop grand pour moi prêté par Tony, un orc lui aussi bénévole au rire tonitruant et communicatif, à réparer le toit dont les tuiles se sont envolées lors du dernier coup de vent. L'Aurore vient de racheter la baraque et ce sera un nouvel accueil destiné aux gens des Barrens. Outre le fait que j'ai appris à manier un marteau sans me taper sur les doigts, l'ambiance au centre 111 est complètement décalée, déjantée et me purge la tête de toutes mes idées noires. Le travail physique me fait du bien, les sourires des gens, et le respect que nous nous témoignons les uns les autres aussi. Certains tatouages, certaines cicatrices cachés ou au contraire exhibées, les gens de l'asso ne demandent rien, ils sont là pour aider, pour écouter, pas pour juger... C'est Bisounours Land !

La réalité me rattrape dès le lendemain. Alors qu'il ne nous restait qu'une couche de peinture à effectuer, la camionnette qui contenait les pots de peinture a été incendiée, les vitres du nouveau centre ont été explosées, des graffitis racistes de partout, et des déchets de toute sortes... L'incompréhension me cloue sur place puis la colère monte peu à peu en moi. Tony, pince-sans-rire, se tourne alors vers moi et me dit : "Chouette, les racistes sont venus nous souhaiter la bienvenue, la prochaine fois, on sera là pour les accueillir, pas vrai, Jim ? " Je hoche la tête, les mâchoires serrées. Les déchets sont évacués promptement, nous lessivons et lavons les murs de la baraque pendant que quelqu'un se charge de prévenir un vitrier et que Tony s'affaire sur le toit. A la fin de la journée, Tony et moi sommes volontaires pour rester sur place, au cas où. "Jouez pas les héros, nous prévient un ancien de l'Aurore, les bicoques, ça se répare et ça se nettoie beaucoup mieux que les hommes !"

totbung

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Posté le 09-12-2007 à 16:51:13  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Oups ! Le message ci-dessus était de moi =)

Et dans le cas où je ne pourrai pas poster lundi, voici un autre morceau de l'histoire =) :

Je passe une très mauvaise nuit, toujours sur le qui-vive. J'ai l'impression que Tony est insomniaque, à chaque fois que je me réveille, il me tapote sur l'épaule en me disant "RAS, rendors-toi." Vers 5 heures du matin, je me réveille lorsqu'il me secoue l'épaule. Tandis que Tony sourit ,carnassier, il me donne des boules quies et me fais signe de les mettre et de me planquer derrière un meuble : "Les voilà." Je me relève, effectivement, juste avant de mettre les boules quies, j'entends des motos vrombir à l'extérieur. Tony attrape un boîtier sur lequel sont placés plusieurs boutons et, presque négligemment, en presse un.

WIIIIIIIIIIIOUUUUUUIIIIIIIIIIIIIIIIUUUUUUUUUUUUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !

Même avec les boules quies, le bruit est à peine tolérable ! Et, malgré que je sois derrière un meuble, soit le soleil a décidé de se lever dès 5h aujourd'hui, soit Tony a placé des spots de plusieurs milliers de Watts au sommet des murs de tout le bâtiment. La stratégie de Tony se révèle payante, les racistes s'enfuient sans demander leur reste, tandis que les sirènes de la Lone Star commencent à se rapprocher, faisant concurrence avec la nôtre. Le capitaine de la Lone Star vient nous voir, Tony et lui semblent être de vieilles connaissances. Ils discutent, se donnent des grandes claques dans le dos. Puis la Lone Star repart, le capitaine jette un dernier regard à Tony qui lui sourit de tous ses crocs : "Évite les ennuis Tony ! J'aimerai autant ne pas avoir à te ramener en taule !" Je me retourne, étonné, vers Tony qui se contente de hausser les épaules comme toute réponse à cette remarque énygmatique.

Nous replaçons nos sacs de couchage en place sur les matelas gonflables, et je m'apprête à m'endormir lorsqu'un murmure de Tony me fait me relever sur un coude : " Pardon, Tony, j'ai pas entendu. " Nos deux regards se croisent : " T'as pas peur de dormir à côté de moi, Jim ? " Ses grands yeux bruns semblent sur la défensive, je réplique en souriant : " Non, je devrai ? Après tout, c'est peut-être toi qui devrais avoir peur de moi. " Il éclate de rire et me serre la main : " T'as des couilles et un drôle de sens de l'humour, Jim, j't'aime bien. " Il redevient sérieux : " Par contre, je préfèrerai que ce qu'a dit le gars de la Lone Star reste entre nous. " " Pas de problème. " Je souris, lance un " Bonne nuit ! " et me renfonce dans mon sac de couchage.

Le lendemain matin, les autres bénévoles du centre 111 arrivent et nous leur racontons ce qui s'est passé pendant la nuit, en omettant de parler de la mise en garde du capitaine de la Lone Star. Nous terminons les dernières couches de peinture, le centre peut enfin ouvrir. Pour la symbolique, nous tendons un grand ruban rouge en travers de la porte et les bénévoles des autres centres débarquent pour fêter avec nous l'ouverture du centre. J'aperçois Peter et Chloé dans la foule, je leur fais signe et Chloé me rejoint rapidement. Tandis que le directeur de l'association se lance dans un long discours, Chloé me prend les mains et me demande tout bas si je vais bien. Ses mains sont glacées, ses yeux bleus sont inquiets. Je lui réchauffe les mains dans les miennes, et lui souris. Je chuchote : " Je vais bien, Tony a fait déguerpir les racistes grâce à une sirène et à des spots, c'était très bien joué ! " Je la sens trembler, je lui mets mon manteau sur les épaules. Elle me remercie d'un sourire et nous nous tournons tous les deux vers le directeur qui coupe le ruban rouge. J'ai une grande envie de la prendre dans mes bras, cela m'a fait très plaisir qu'elle s'inquiète pour moi. Je lui passe le bras autour des épaules tout doucement, comme l'autre nuit, lorsque j'ai pris délicatement le petit gecko dans ma main. Elle me regarde alors, un peu étonnée, je rougis et m'apprête à retirer ma main, mais son visage s'éclaire d'un sourire. Je déglutis et souris à mon tour, rassuré. Elle se blottit alors contre moi et nous entrons ensemble découvrir le buffet mis à disposition des bénévoles.

Message édité par totbung le 09-12-2007 à 17:19

totbung

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Posté le 09-12-2007 à 19:01:31  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Encore un peu de lecture :) Merci d'avance pour vos avis et vos commentaires !

Quelques semaines plus tard, je commence à prendre mon rythme entre mes missions avec mes collègues runners pour renflouer mes finances et mon travail de bénévole au centre 111. Je continue à voir Chloé de plus en plus régulièrement, j'essaie de ne pas aller trop vite dans notre relation, mais le fait est qu'elle me fait du bien, j'ai l'impression d'avoir trouver un équilibre. J'espère qu'il va durer longtemps.

Le centre 111 m'aide aussi dans mon équilibre, j'apprends auprès de Tony comment bricoler toutes sortes d'appareils électroménagers, préparer les chambres d'accueil, les bureaux avec une décoration sobre mais accueillante, je fais de mon mieux pour que les personnes qui viennent au centre se sentent bien accueillies. Je me sens utile et c'est une sensation bien agréable. J'effectue aussi avec Tony des gardes de nuit. C'est au cours d'une de ces gardes de nuit que je découvre une autre facette du centre 111. Tard dans la nuit, un groupe de personnes cogne à la porte. Tony et moi nous nous regardons, à cette heure-ci, le centre est sensé être fermé au public. Je m'approche près de la porte et, sans l'ouvrir, je demande : "Qui est là ?" La réponse est dite d'une voix tellement faible que j'ai du mal à entendre : "L'heure la plus sombre de la nuit est celle qui précède l'aurore. " Je fronce les sourcils, surpris. Je m'apprête à poser une nouvelle fois ma question, mais Tony me met la main sur l'épaule : " C'est bon, Jim, je les connais, tu peux les laisser entrer. " Je m'écarte pendant que Tony fait entrer cinq personnes cagoulées, l'une d'entre elles est soutenue par deux autres. Ils se dirigent vers les chambres à l'étage, et Tony me demande d'appeler l'un des bénévoles, médecin de profession. Tandis que je m'execute, je demande à Tony : " C'est qui, ces gens ? " " T'occupes pas de ça, Jim, me dit-il sur un ton un peu rude, puis, sur un ton plus radouci, c'est pour ton bien. " Il me presse gentiment l'épaule et me demande d'accueillir le médecin quand il arrivera. Il monte alors dans les étages.

Le médecin arrive très rapidement, c'est un nain qui paraît très grognon. Je reconnais le vieux bénévole, qui nous avait conseillé la prudence lors de notre première garde de nuit. Il me dit : " Ils sont là-haut, petit ? " " Oui, je vais vous guider. " Je le conduis au premier et au bruit d'une conversation chuchotée, je le conduis jusqu'à la chambre du fond. Le médecin soupire et entre en disant : " C'est quoi, ce coup-ci ? Vous avez attaqué leur centre principal sans vérifier qu'ils n'avaient pas d'armes ? " J'aperçois le blessé, il a le ventre couvert d'un bandage rougi par le sang, ses collègues commencent à chuchoter des explications, mais je n'arrive pas à saisir leurs paroles. Tony sort alors de la chambre et referme la porte derrière lui. Ses yeux se plantent dans les miens : " Oublies ce que tu as vu ce soir, Jim, ce serait mieux pour tout le monde, toi le premier. " Je serre les dents, et je redescends à l'accueil. Je me demande ce que Tony et ces gars sont en train de cacher.

Le lendemain soir, je suis invité à manger chez les parents de Chloé. Chloé m'accueille avec un grand sourire et fronce les sourcils en voyant mon air soucieux : " Qu'est ce qu'il y a, Jimmy ? " Je la regarde et je lui dis : " Un souci dans ma tête, je ne sais pas trop ce que je dois faire. " " Je peux t'aider ? " Je lui souris, elle est toujours prête à me donner un coup de main : " Merci Chloé, je t'expliquerai après le repas. "

Le repas se passe sans éléments notables, je commence à faire la vaisselle avec la mère de Chloé qui a son tour, s'aperçoit que j'ai la tête ailleurs : " Ca va, James ? Vous n'avez quasiment pas mangé ce soir. Vous êtes souffrant ? " " Non, non, je vais bien, ne vous inquiétez pas pour moi. Juste un souci qui me trotte en tête. " A ce moment-là, un bruit de vaisselle cassée nous parvient du salon, suivi d'un cri de Chloé : " Papa ! Qu'est-ce qui t'arrive ? Papa ! " Marianne et moi, nous nous précipitons au salon pour voir le père de Chloé se relever, livide, soutenu par sa fille. Il se tient le ventre, grimaçant de douleur. Je me précipite sur le téléphone et compose le numéro du même médecin que la veille. Je lui indique l'adresse et lui demande de venir osculter le père de Chloé, en urgence. Marianne et Chloé allongent Peter sur le canapé, et Marianne me demande quel médecin j'ai appelé. Lorsque je lui dis le nom du médecin, elle hoche la tête avec un air soulagé. Je lui demande : " Voulez-vous que j'appelle une ambulance ? " Peter gémit : "Non, pas une ambulance... " Il ferme les yeux et Chloé lui secoue l'épaule : " T'endors pas, Papa, attends le médecin, il ne va pas tarder. "

Message édité par totbung le 11-12-2007 à 21:41

Stella

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Posté le 09-12-2007 à 19:36:16  Voir le profil de Stella Envoyer un message privé à Stella 

hey t'écrit à une vitesse phénoménale!!! rien eu le temps de commencer.... >.< rhaaa c'est l'escalade mercredi!! (une fete genevoise ou on se déguise et officiellement on a cours, mais les plus vieux élèves viennent libèrer tout le monde dans les classes et organisent des jeux...c'est trop cool!) mais bref j'ai pas fini mon déguisement de lutin, j'ai des devoirs et haaaaaaaaa!!!
bon bref j'essaye de trouver des excuses mais je le lirai un jour, promis!!
bizouuuuus!!!

-'C'est parce qu'y fait tout noir que tu pleure??' -'Nan, je trouve plus mon yogourt!' http://img369.imageshack.us/img369/2031/bonhommebleu51qw.gif

Sabrina

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Posté le 09-12-2007 à 22:17:49  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

J'ai fini de lire la suite^^!!! Juste une petite faute de frappe dans le dernier post:

"Je le conduis au premier et au bruit d'une conversation chucotée, je le conduis jusqu'à ", je crois que c'est plutôt "chuchotée"

Autrement rien à changer je trouve!!

espoir...

totbung

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Posté le 09-12-2007 à 22:45:03  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

> à Stella : Non, je n'ai pas écrit tout ça en trois jours, cela fait plusieurs mois que je travaille dessus ! =) En attendant de trouver le courage de vous faire lire tout cela, j'ai eu le temps d'écrire ;-) Prends ton temps pour tout lire, cela me fera plaisir de lire tes commentaires ! Bises et à bientôt !

> A Sabrina : Tu as raison, il s'agit bien de chuchoter, je vais corriger tout de suire =) Bon, il ne me reste que deux textes de déjà écrit, il va vraiment que je me remette à écrire la suite :) Mais c'est tellement agréable de savoir que mes écrits seront lus ! Je compte sur ta patience et ta compréhension pour l'arrivée des écrits qui suivront le prochain texte, ils ne sont pour l'instant écrits que dans ma tête ;-)

Le médecin arrive enfin, au bout d'un quart d'heure interminable. Marianne le conduit au salon et le médecin écarquille les yeux en me voyant : " Qu'est ce que tu fais ici ? " Mais, sans me laisser le temps de répondre, il se tourne vers le canapé où est allongé Peter. Sans nous regarder, il ouvre la chemise de son patient et découvre des bandages qui commencent à rougir. Chloé s'accroche à mon bras, blanche comme un linge. Le médecin se tourne alors vers moi : " Fais sortir Chloé, je m'apprête à faire des choses à éviter à un coeur sensible. Marianne, je vais avoir besoin de bandages, d'alcool à 90°, et d'une assistante au sang froid. Vous sentez-vous de le faire ?" Marianne, les lèvres pincées, hoche la tête et j'emmène Chloé dans sa chambre. Je la prends dans mes bras et la berce comme un petit enfant tandis qu'elle se blottit contre moi, les yeux fermés, les larmes coulant le long de ses joues. Elle murmure une prière, pour que Dieu ne rappelle pas déjà à lui son père, une prière qu'elle répète sans cesse.

Après un moment qui semble durer une éternité, Marianne toque à la porte. Chloé et moi nous sortons de la chambre, main dans la main, nous attendant au pire. Marianne a l'air très fatiguée, usée même, mais le sourire heureux qu'elle a à ce moment nous annonce déjà que Peter est hors de danger. Chloé ferme les yeux, adresse une prière de remerciement au ciel. Marianne me demande alors si je peux rester pour surveiller que Peter ne fasse pas de rechutes pendant quelques heures. Je hoche la tête et Marianne se dirige vers sa chambre, titubant de fatigue. Chloé et moi, nous nous installons alors dans le salon pour veiller Peter. Au petit jour, Peter a déjà repris des couleurs, Marianne prend le relais et nous intime de nous reposer. C'est la première fois que je dors dans la chambre de Chloé, je suis sur un matelas gonflable à même le sol tandis que Chloé est dans son lit. Je l'entends se retourner plusieurs fois dans son lit, puis elle se penche pour voir si je dors déjà. Je souris et prends la main qu'elle me tend, Chloé murmure alors : " Merci beaucoup, Jimmy, merci d'être resté. " " Je ne t'aurai pas abandonner pour tout l'or du monde." Nous nous sourions, nous souhaitons une bonne "nuit".

Quelques neuf heures plus tard, j'ouvre un oeil et découvre Chloé avec une assiette de croissants et de pains au chocolat qu'elle a placée sous mon nez. Je souris, encore à moitié endormi, murmure que je vais me lever. Chloé se relève en souriant et me demande : "Café ou thé ?" "Café." " Je vais tout préparer, le petit-déjeuner sera au salon. " " D'accord, à tout' !" Je la laisse s'éloigner, réfléchissant aux évènements de la veille. Je n'ai peut-être pas le QI d'Einstein, mais ça me semble bizarre que Peter n'ait pas voulu que j'appelle une ambulance, et que Marianne soit soulagée que j'ai fait appel au vieux médecin de l'Aurore... En plus, deux personnes atteintes d'une grave blessure au ventre à quelques heures d'intervalle... Je secoue la tête, pas de déductions hâtives, ou d'idées préconçues, cela a bien failli nous perdre mes collègues et moi lors de ce run à la poursuite d'un vampire, vampire auquel je ne voulais pas croire. Ce n'est pas en restant dans mon sac de couchage que j'aurai des réponses, je m'habille rapidement, me passe le visage à l'eau froide et je descends au salon.

Marianne et Chloé ont préparé un petit-déjeuner pantagruélique ! Entre les croissants et les pains au chocolat, se dresse un grille-pain d'où sort une délicieuse odeur de pain chaud. Et les garnitures possibles sont très nombreuses : confiture, sirop d'érable, beurre... Chloé arrive à ce moment avec un plateau chargé de boissons fumantes. Elle prépare une petite table que son père pourra atteindre depuis les coussins où il s'appuie. A ce moment, Marianne appelle de la cuisine pour demander si quelqu'un veut des oeufs à la coque ou du bacon, et Chloé retourne en cuisine l'aider. Je salue alors Peter, lui demande s'il ne manque de rien et s'il se sent mieux. Il me regarde avec un drôle d'air et je soutiens sans ciller : " C'est une vilaine blessure que vous avez au ventre, vous vous l'êtes faites comment ? " Au lieu de me répondre, le père de Chloé me lance alors cette question : " Que savez-vous de la gobelinisation et qu'en pensez-vous ? "

La question me prend au dépourvu, j'ai l'impression d'être un éléphant dans un magasin de porcelaine tant son regard est devenu intense. Je réponds prudemment : "Pas grand chose, je ne sais même pas si j'étais déjà né. Je me rappelle qu'au moment de l'Eveil, de nombreuses personnes sont devenues des trolls ou orks, et certains pensaient qu'il s'agissait d'une maladie. Mais ce n'était pas une maladie, c'était du au retour de la magie, qui a fait aussi que quelques-uns d'entre nous sont devenus magiciens ou chamans." Malgré son sourire, je sens que le père de Chloé est très triste en cet instant, qu'une colère est en train de bouillir dans ses veines. Il commence à murmurer d'un ton haché : "Oui, c'est vrai, vous étiez à peine né, vous et Chloé, lorsque ces ordures sont venus chercher les hommes, les femmes et les enfants, les vieillards, tous ceux qui avaient été "atteints", comme ils disaient. " Ses yeux ne paraissent plus me voir, il est plongé dans son passé, et son ton monte, de plus en plus fort dans le salon. " Ils l'ont pris un matin, mon meilleur ami, un troll qui n'avait jamais fait de mal à une mouche pendant toute son existence humaine. Juste pour être sûrs de ne pas être contaminés, qu'ils disaient. Et moi, con comme la lune, j'ai essayé d'aller le voir à la prison, pour lui proposer de l'aider à se payer un bon avocat." Semblant reprendre conscience de ma présence, il toussote, mais sa rage est encore lisible dans ces yeux. Je sens que je vais faire des cauchemars rien qu'en imaginant ce qu'il va me dire, mais je demande, quand même, à voix basse : "Que s'est-il passé ?"

Message édité par totbung le 11-12-2007 à 21:43

Sabrina

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Posté le 10-12-2007 à 15:05:14  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

La suiiiiiiiiiite lool!! Prends ton temps pour ecrire, je pacienterai (sa s'ecrit comment? :( ) comme sa j'aurais encore plus envie de lire la suite!! Surtout que sa finit sur un moment de suspense^^!! Il y a de nouveau une petite faute d'inattention dans le 2eme paragraphe:

"a main, nous entendant au pire. Marianne a l'air très fatiguée, " ==> attendant

juste une comparaison que je trouve etrange "con comme la lune, ", mais bon sa doit etre moi qui l'ai jamais entendu^^ pourquoi tu compares le fait d'etre con a la lune?

Autrement c'est bien, comme d'habitude^^
8)

espoir...

totbung

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Posté le 11-12-2007 à 08:45:09  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Hihihi =) Je suis ravie, il ne me reste qu'à conclure ce paragraphe :

Semblant reprendre conscience de ma présence, il toussote, mais sa rage est encore lisible dans ces yeux. Je sens que je vais faire des cauchemars rien qu'en imaginant ce qu'il va me dire, mais je demande, quand même, à voix basse : "Que s'est-il passé ?"

" Ils les ont tués, ils les ont tous tués. " La voix de la belle-mère de Chloé m'a fait sursauter. Elle se place à côté de son mari, et ils se prennent par la main pour continuer à me raconter. Les "ordures" du gouvernement et des groupements racistes ont rassemblé tous les contaminés dans certains docs de Tacoma, pour faire une quarantaine. Quelques nuits plus tard, lorsque la population de cet endroit est devenu très importante, les docs ont pris feu et personne n'a alerté les pompiers. Ou plutôt si, quelqu'un a essayé. Chloé s'est assise devant moi, et pleure maintenant en silence. Sa mère attendait le retour de son mari pour lui annoncer qu'il allait être père, mais une bande de racistes avait décidé de lui faire sa fête car il avait voulu alerter les pompiers. Le père de Chloé ajoute alors : " Je venais de découvrir comment faire les projections astrales, j'avais voulu rendre visite à mon ami, mais ce soir-là, j'ai vu les docs brûler, et je me suis manifesté à la première personne que j'ai croisé pour qu'elle appelle les pompiers. Elle a payé de sa vie pour ce qu'elle croyait juste. ... Pardon, Chloé, je te demande pardon. " Il s'est pris la tête entre les mains, incapable de continuer.

Chloé s'approche de lui : " Papa, non, ce n'est pas de ta faute, vous avez voulu sauver tous ces gens ! " " Si seulement les gens avaient compris que les trolls et les orks ne représentaient aucun danger, si seulement on avait pu éviter ce massacre ! Si seulement on avait pu mettre à jour toute cette machination !" Son père oscille entre les larmes de tristesse et de rage. Marianne lui prend l'épaule et commence à dire : " C'est ce que nous nous efforçons de faire, mon chéri, et ... " C'est alors qu'elle pince les lèvres et me regarde, je suis assomé par ce que je viens d'entendre. Chloé ne lui laisse pas le temps de réagir, elle demande à son père : " Papa, laisse-moi tenter l'initiation, je serai alors assez forte pour vous aider à combattre ces racistes ! " Peter rouvre les yeux et tente de dire non de la tête tandis que Chloé le supplie du regard. Je me risque à demander : " Chloé, c'est quoi l'initiation ? " Sa belle-mère me répond : " L'initiation, c'est intégrer un groupe magique pour oeuvrer ensemble vers un but commun. Nous sommes plusieurs à avoir intégrer les ombres dansantes afin de débusquer et démanteler toute machination qui viserait à attenter au droit inaliénable à être différent. Par la douceur la plupart du temps, sauf si nous n'avons vraiment aucun autre recours."

Un éclair me traverse l'esprit : " Mais vous venez de Milwaukee, non ? " Le père de Chloé sourit tristement : "Je savais qu'en restant à Seattle, nous serions en danger. En plus, je ne savais pas comment réagirait Chloé à cette révélation, alors j'ai préféré l'éloigner de Seattle pour qu'elle puisse se construire sainement. Quitte à revenir plus tard." D'après mes conversations avec Chloé, je savais que son père travaillait à Seattle, et la raison de son déménagment à elle était officiellement de réunir la famille. " Papa, s'il te plait. " implora Chloé. " Je ne veux pas t'y envoyer, je ne veux pas te perdre comme j'ai perdu Anna ! " répliqua-t-il. Mais il fléchissait, son ton devenant de moins en moins autoritaire et de plus en plus implorant à son tour.

Je revois alors le rendez-vous qu'avaient donné les enleveurs de la famille de Dream, mon collègue ork, ils n'avaient même pas essayé de discuter, ils étaient prêts à massacrer sa femme et son gosse (alors qu'ils étaient humains) pour le seul plaisir de liquider Dream. N'y avait-il aucune paix possible dans ce monde pourri ? Je voulais protéger ma famille à tout prix, Dream la sienne, j'avais sous les yeux un père, une mère et leur fille prêts à se battre pour protéger les autres. Quelque chose remua en moi ; je savais que si un jour quelqu'un touchait à un cheveu d'un de mes proches sous le prétexte qu'il n'était pas humain, j'allais me mettre en colère, très en colère. Mon murmure eut l'effet d'un coup de tonnerre : " Est-ce que moi aussi, je pourrai devenir initié de votre groupe ?"


Merci d'avance pour vos avis et bonne lecture ! Merci Sabrina, de me dire que tu patienteras, cela va me pousser à écrire mais sans me précipiter et risquer de tout gacher ! =) Merci beaucoup et bonne journée !

Message édité par totbung le 11-12-2007 à 21:45

Sabrina

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Posté le 11-12-2007 à 17:58:11  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

je viens de finir de lire, passionnee par l'histoire et plongee dans un autre monde pour quelques instants^^!!

il y a un mot qui fait un peu repetition je trouve:
"groupements racistes ont regroupés " peut-etre que "rassemble" irait mieux, je sais pas

c'est quoi un "doc"? :??: :(

" C'est alors qu'elle pince les lèvres et me regarde, assomé par ce que je viens d'entendre", je comprends pas vraiment le rapport entre le fait qu'elle pince les levres et que "je" soit assome par ce que je viens d'entendre. Enfin quelque chose ne va pas dans cette phrase la fin, on ne comprend pas bien qui est assome, je sais pas trop comment dire...

"Quelque chose remua en moi, je savais que si un jour, quelqu'un touchait à un cheveu d'un de mes proches sous le prétexte qu'il n'était pas humain, j'allais me mettre en colère, très en colère. " je pense qu'il y a une virgule que tu pourrais enlever, parce que quand on lit la phrase sa fait bizarre. Peut-etre que tu pourrais enlever celle apres "je savais que si un jour" et mettre un point virgule apres "quelque chose remua en moi"?

Mais bon ce ne sont que des petits details^^

espoir...

totbung

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Posté le 11-12-2007 à 21:30:57  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Merci pour tes avis !!! =)

Alors, je vais te répondre point par point :

juste une comparaison que je trouve etrange "con comme la lune, ", mais bon sa doit etre moi qui l'ai jamais entendu^^ pourquoi tu compares le fait d'etre con a la lune?
Euh, j'y ai pas vraiment réfléchi, c'est une expression que j'ai entendu quand j'étais toute petiote, et quelle en est l'origine... je ne sais pas *rougis* Tu préfèrerais peut-être une autre expression ?
"a main, nous entendant au pire. Marianne a l'air très fatiguée, " ==> attendant
Oups ! t'as raison, c'est attendant =)
il y a un mot qui fait un peu repetition je trouve:
"groupements racistes ont regroupés " peut-etre que "rassemble" irait mieux, je sais pas
Je suis d'accord, je prends ! =)
c'est quoi un "doc"? :??: :(
Un doc correspond à un quai, dans un port industriel où on trouve des hangars de stockages, des grues, des silos à grains, etc... Mais je l'écris peut-être mal, ce ne serait pas "dock" plutôt ?
" C'est alors qu'elle pince les lèvres et me regarde, assomé par ce que je viens d'entendre", je comprends pas vraiment le rapport entre le fait qu'elle pince les levres et que "je" soit assome par ce que je viens d'entendre. Enfin quelque chose ne va pas dans cette phrase la fin, on ne comprend pas bien qui est assome, je sais pas trop comment dire...
Que dirais-tu de : " C'est alors qu'elle pince les lèvres et me regarde, je suis assomé par ce que je viens d'entendre." ?
"Quelque chose remua en moi, je savais que si un jour, quelqu'un touchait à un cheveu d'un de mes proches sous le prétexte qu'il n'était pas humain, j'allais me mettre en colère, très en colère. " je pense qu'il y a une virgule que tu pourrais enlever, parce que quand on lit la phrase sa fait bizarre. Peut-etre que tu pourrais enlever celle apres "je savais que si un jour" et mettre un point virgule apres "quelque chose remua en moi"?
Oui, je suis d'accord, une virgule est une pause trop courte. J'aurai mis un point (car je ne sais pas bien utiliser les points virgules), mais tu as raison, je t'en remercie !

Reste à corriger tout ça =) ===> edit : voilà, c'est fait =)

Message édité par totbung le 21-12-2007 à 14:16

Sabrina

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Posté le 12-12-2007 à 12:07:51  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

Pour l-expression que tu as mise, c'est juste que je la connais pas parce que je ne l'ai jamais entendue, mais tu peux la laisser si tu l'aimes bien^^!!
Oui je crois qu'un "dock" s'ecrit avec "ck", j'avais demande a une amie et elle m'avait dit qu'elle pensait que sa s'ecrivait comme sa!!

Bonne chance pour ecrire la suite!!!!

espoir...

Arwen

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Localisation : Quelque part entre une guitare, une flûte, deux trois partoches, de beaux nuages cotnneux, une feuille de canson, un pinceau, un crayon et un bon bouquin... Niark, bonne chance pour me trouver! ;p

Posté le 12-12-2007 à 19:21:17  Voir le profil de Arwen Envoyer un message privé à Arwen 

C'est enorme!

J'adore vraiment!

Ton histoire est passionnante, malgré quelques petites fautes d'orthographe, mais ça le fait quand on tape vite^^.
J'adore, surtout ne t'arrete pas, c'est vraiment super.

J'aime... lui

totbung

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Posté le 12-12-2007 à 22:56:33  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Merci beaucoup Sabrina et Gwaënardel ! Cela me fait super plaisir que vous m'ayez lu et de lire vos encouragements, j'écrirai la suite bientôt !

Bonne soirée,

Totbung

Message édité par totbung le 12-12-2007 à 22:56

totbung

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Posté le 15-12-2007 à 23:02:45  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Suite en cours d'écriture, merci d'avance pour vos commentaires !

Je revois alors le rendez-vous qu'avaient donné les enleveurs de la famille de Dream, mon collègue ork, ils n'avaient même pas essayé de discuter, ils étaient prêts à massacrer sa femme et son gosse (alors qu'ils étaient humains) pour le seul plaisir de liquider Dream. N'y avait-il aucune paix possible dans ce monde pourri ? Je voulais protéger ma famille à tout prix, Dream la sienne, j'avais sous les yeux un père, une mère et leur fille prêts à se battre pour protéger les autres. Quelque chose remua en moi, je savais que si un jour, quelqu'un touchait à un cheveu d'un de mes proches sous le prétexte qu'il n'était pas humain, j'allais me mettre en colère, très en colère. Mon murmure eut l'effet d'un coup de tonnerre : " Est-ce que moi aussi, je pourrai devenir initié de votre groupe ?"

Peter me regarde, ébahi, mais ma détermination durcit, transparaît dans mon regard. Il finit par hocher la tête, en murmurant : " Je vais y réfléchir. Pour vous deux." Le petit déjeuner se termine dans un silence un peu tendu et je rentre chez moi, réfléchissant aux implications de ma décision.

****************************************************************************************************************************************

Quelques jours plus tard, Peter m'appelle et m'invite à le rejoindre chez lui. J'ai les tripes un peu nouées mais j'essaie de faire bonne figure. Peter m'annonce que si je le souhaite toujours, je peux tenter de devenir initié des Ombres Dansantes. Je serre les mâchoires et hoche la tête sèchement. Il m'emmène alors au sous-sol où se trouvent un garage et une pièce qui sert habituellement d'atelier. Aujourd'hui, l'établi a été poussé de côté, et un lit de camp a été placé contre le mur. Chloé est en train d'y installer un sac de couchage et un oreiller. Elle me sourit et Peter me demande alors de m'installer dans le lit. Il me demande si j'ai déjà tenté une initiation avec un autre groupe. Comme ce n'est pas le cas, je secoue la tête et il commence à m'expliquer : l'initiation est un processus unique, différent pour chaque personne, à chaque degré d'avancement dans le groupe magique. Pour adhérer avec les Ombres Dansantes, je vais devoir tenter une quête astrale et rencontrer l'esprit des Ombres Dansantes. Il me demande si j'ai compris ce qu'il m'a expliqué. J'acquiesce et il part en me souhaitant bonne chance. Sentant ma nervosité, Chloé me prend la main et me chuchote : " Ne t'inquiète pas, Jim, cela va bien se passer. " Etonné, je lui demande comment elle peut savoir cela. D'un ton assuré, elle me répond qu'elle a passé la sienne, il y a 2 jours. J'hésite encore quelques instants, c'est un point de non-retour que je m'apprête à franchir. Prenant une grande inspiration, je me projette dans l'astral, vers les plans où habitent les esprits.

Je me retrouve dans un couloir obscur où une lumière semble m'appeler. Prudemment, je me dirige vers elle. Peu à peu, les contours d'une porte deviennent visibles. Alors que j'en arrive à moins de cinq mètres, une silhouette se découpe dans la lumière et me barre le passage : " Bonjour Jimmy, cela faisait longtemps. " Cette voix ! Cela fait des mois que je ne l'ai plus entendu, mon coeur s'accélère. D'une voix un peu rauque, j'apostrophe mon interlocuteur : " Grizzli ? Qu'est-ce que tu fous là, mon vieux ? " Grizzli s'approche alors de moi avec un grand sourire et me tend un couteau : " Tu dois me tuer, Jimmy, c'est qu'à cette seule condition que tu pourras passer. " Je regarde l'arme, incrédule : " C'est pas possible, Grizzli, je ne peux pas faire ça, tu le sais ! " "Alors, tu devras repartir d'où tu viens. "

Je ne peux pas faire ça, j'essaie de passer en repoussant doucement mon ami, mais celui-ci me barre toujours le passage. Mon coeur se serre, je supplie Grizzli de me laisser passer, mais il ne me répond plus, il ne fait plus que me tendre ce fichu couteau. Je me sens triste à en pleurer, toute ma froideur qui me sert d'armure lorsque je suis en train de travailler vole en éclats, et mes sentiments s'en trouvent exacerbés. Je n'ai jamais tué de sang froid, j'en suis incapable ! Dois-je renoncer ? Je commence à m'éloigner mais je revois les chiens cracheurs de feu, si je ne deviens pas initié, je serai incapable d'avoir les moyens de sauver ma peau et par là de sauver celles de ceux qui me sont chers. Je regarde Grizzli, est-ce que c'est bien lui ? Il n'était pas éveillé, pour autant que je le sache alors accéder à la projection astrale lui était impossible. Il ne peut pas être là, cela ne peut pas être autre chose qu'une image dont l'esprit des Ombres Dansantes se sert pour me tester. Je prends le couteau des mains de Grizzli, il reste là, les bras grands ouverts pour me faciliter la tâche. Ce sourire... C'est le même sourire confiant qu'il avait quand nous parlions ensemble dans la cour de récréation... Les larmes me montent aux yeux, cet esprit est cruel, il touche à la seule personne à qui j'ai fait confiance avant de partir pour Seattle... Je ferme les yeux, je ne veux pas tuer Grizzli, ce n'est pas lui, cela ne peut pas être lui, cela ne peut pas être lui. Je commence à murmurer, ma voix enfle, j'arme mon bras, les larmes me coulent le long des joues, je suis en train de hurler lorsque mon bras se lance en avant.

Mais je ne sens rien, le corps de Grizzli n'est plus là, ni le couteau. J'ouvre alors les yeux, plus personne ne me barre la route, pas de cadavre non plus. Je tremble de partout, je m'essuie les yeux avec ma manche. J'hésite, est-ce que je veux vraiment faire partie d'un groupe dont l'esprit m'éprouve d'une aussi horrible manière ? Je serre les mâchoires et les poings, ce n'était qu'une image, j'ai passé le test, je veux aller jusqu'au bout voir ce que me réserve cette initiation. Je me dirige vers la porte de lumière et passe dans un autre plan.


Ps: Dans le monde de Shadowrun, ceux qui ont accès à des facultés magiques sont appelés éveillé

Message édité par totbung le 22-12-2007 à 01:07

totbung

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Messages : 450
Localisation : dans les trains...

Posté le 21-12-2007 à 14:30:38  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Cette suite ne vous plaît pas ? C'est mal écrit ? Il vous manque des informations ? N'hésitez pas à me le dire ! Sans commentaires, ni avis, il est impossible de progresser...

Merci d'avance,

Totbung

Stella

Inscrit le : 15 avr 2006
Messages : 408
Localisation : Sous un chapiteau dans la gadoue, avec des ptits zozios sur les épaules et une guitare sur le dos

Posté le 21-12-2007 à 21:56:54  Voir le profil de Stella Envoyer un message privé à Stella 

désolé, toujours pas lu....-_- aller, j'aurai le temps bientot!
mais chui sure que c'est très bien...
bizous!!

-'C'est parce qu'y fait tout noir que tu pleure??' -'Nan, je trouve plus mon yogourt!' http://img369.imageshack.us/img369/2031/bonhommebleu51qw.gif

Sabrina

Inscrit le : 11 mars 2007
Messages : 268
Localisation : perdue dans les étoiles

Posté le 21-12-2007 à 22:24:13  Voir le profil de Sabrina Envoyer un message privé à Sabrina 

Je viens de lire, je suis désolée je n'ai pas pu y lire avant, je suis partie d'Angleterre mercredi soir et je suis rentrée hier soir et aujourd'hui suis allée dire bonjour à ceux de mon collège^^!! Je trouve que c'est toujours aussi bien (désolé si mes commentaires ne sont pas très constructifs :( , mais je n'ai rien à dire, c'est parfait comme c'est écrit je trouve)

juste une petite faute:

"Je commence à le murmurer, ma voix enfle, j'arme mon bras," il doit y avoir un "le" en trop je pense^^

espoir...

totbung

Inscrit le : 06 jan 2006
Messages : 450
Localisation : dans les trains...

Posté le 22-12-2007 à 00:52:11  Voir le profil de totbung Envoyer un message privé à totbung 

Merci pour vos commentaires et pardon d'être aussi impatiente de les avoir... *rougis* J'avais eu peur que le dernier texte ne vous ait pas plu, il est assez dur, c'est une épreuve importante mais difficile... Est-ce que cela se ressent bien ? Je ne sais pas si j'ai bien dosé...

Je pars en vacances bientôt, j'espère pouvoir écrire un peu mais je ne sais pas si je pourrai mettre la suite directement en ligne vu que je n'arrêterai pas de bouger. En tout cas, re-merci, bonnes vacances et joyeuses fêtes à tous !

Edit : tu as raison Sabrina, je vais retirer le "le" =)

Message édité par totbung le 22-12-2007 à 01:06

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