Sissy

Pièces de théâtre
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Omniscient Naratress

Inscrit le : 22 juin 2008
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Localisation : Ile de France

Posté le 22-06-2008 à 11:26:19  Voir le profil de Omniscient Naratress Envoyer un message privé à Omniscient Naratress 

Bon, vu que je suis en L option théâtre (lourde et facultative, donc 5+3... 8h de théâtre par semaine et des sorties tout le temps), je m'en suis avalé énormément... Et résultat j'adore *-* ! Donc j'aimerais connaitre vos coup de coeur au niveau du théâtre, aussi bien pour des textes que pour des mises en scènes (et des auteurs et metteurs en scènes, ça va de soi).

En ce moment, mes coups de coeur sont :


"NOUS, LES HEROS" de Jean Luc Lagarce


Là, il s'agit d'un texte que nous avons étudié en théâtre et qui est particulièrement intéressant en cela qu'il est une sorte d'hommage aux acteurs. C'est un texte très poignant, à la fois drôle et profondément triste, qui fait sourire puis rend mal à l'aise. Une troupe itinérante d'acteurs un peu à la ramasse vit sa vie... On s'apprête à fêter des fiançailles, on se demande où on va aller, on réfléchit à la prochaine pièce... L'écriture de Jean Luc Lagarce est, au départ, un peu difficile, et on met un moment à se plonger dedans, mais dès qu'on a compris le truc tout semble infiniment fluide et réel. Je poste un article là dessus parce qu'aujourd'hui j'ai redécouvert tout un passage qui ne m'avait pas frappé à la base, et que je trouve aujourd'hui très poignant.

Mme Tchissik, belle jeune femme, expliquant à un prétendant pourquoi en dépit de tout elle aime son mari, bien qu'il soit ridicule :

"Pourquoi une femme comme moi a-t'elle pu unir sa vie avec un homme tel que lui, tout le monde depuis de nombreuses années se demande cela et se moque de lui et me plaint et encore, me soupçonne de mensonge, de fausseté et le juge ridicule.
La prétention médiocre des jolies personnes...

Les garçons comme vous, à vouloir me promettre tant de choses si je promettais avant eux,
les garçons comme vous, quelques petits épargnats de l'amour, ne sachant trop si ils doivent tout miser ou se réserver pour des épouses comme votre Joséphine (cf : fille un peu potiche dans la pièce, qui va se fiancer avec le prétendant),
les garçons comme vous, sans force,
vous n'imaginez pas combien j'en ai vus, combien j'en ai entendus, combien tard dans la nuit sont venus me faire leurs adieux émus, espérant lâchement que je leur céderais ecore à cet instant ultime.
Vous n'imaginez pas.

Lui, là, mon mari, l'homme avec qui je décidai de partager la vie,
et elle fut difficile et elle le sera plus encore, de plus en plus, je ne l'ignore pas,
lui, là, mon mari, il est venu vers moi, un jour, un peu ridicule, un peu emprunté comme il le fait toujours, comme il a toujours été,
un peu vulgaire aussi, pourquoi non ?
lui,
il est venu vers moi et il m'a demandé vraiment,
Vraiment, je ne saurais pas mieux dire.

Il m'a dit qu'il m'aimait.

Vous pouvez chercher dans votre mémoire, vous avez oublié de me dire ça, vous l'avez gardé pour l'estocade finale, en réserve, l'arme définitive.
Vous ne me l'avez pas encore dit.

Lui, il a dit ça en commençant, il s'est laissé aller vers le ridicule le plus grand, il s'est planté devant moi tel qu'il est et il m'a dit qu'il m'aimait. Il avait peur, je crois bien.

Il m'a dit qu'il m'aimerait vraiment, si je ne l'aimais pas,
et qu'il m'aimerait encore, vraiment, loin de moi, si je devais le rejeter et si plus jamais nous ne nous rencontrions.
Il était là devant moi, il était comme il a toujours été, il ne trichait pas, il n'attendait rien,
il disait juste,
il avait dit et il me laissait répondre.
Il n'exigeait rien de moi, il ne me reprochait rien par avance, il ne me promettait pas qu'il serait malheureux si je le refusais.
Et j'ai pensé, je ne l'avais jamais pensé auparavant, j'ai pensé que cet homme là, un peu ridicule, un peu perdu, avec sa peur, que cet homme là m'aimait peut être comme jamais encore personne ne m'avait aimée.
Vraiment, sans négociation, sans ce petit chantage mélancolique que prennent les hommes pour se garantir de l'avenir.

Il attendait, il n'exigeait rien. Il était émouvant comme aucun de ces petits garçons depuis ne l'a jamais été et n'a réussi à me détourner de lui. Il disait avec tout le courage du monde son amour pour moi et sa vérité.
Et j'ai su qu'il y avait un secret entre lui et moi.
Et j'ai eu de la tendresse pour lui."

Et surtour :

"PEER GYNT" de Henrik Ibsen


Peer Gynt, jeune et grand garçon issu d'une famille anciennement prestigieuse (son père, Jon Gynt, a dilapidé son argent dans des fêtes et autres ; il est mort et seule reste Åse, sa mère), semble ne pas savoir quoi faire de lui même ; il est paresseux, dégénéré, ne cesse de mentir, ne prend aucune responsabilité, s'enthousiasme pour un rien et s'enfuit devant le moindre obstacle, en prenant souvent comme prétexte d'être "lui même" et personne d'autre. Pourtant, il subit sans vraiment le savoir une crise d'identité, et quoi qu'il fasse, quoi qu'il tente de devenir (troll, amant, bucheron, marchand d'esclaves, prophète, fou...) il n'arrivera jamais à trouver un état fixe. Tantôt on s'attache à lui, tantôt on le trouve bien médiocre ; tantôt il semble raisonnable, tantôt il s'accommode à n'importe quoi. Trop mauvais pour le paradis, trop bon pour l'enfer, séducteur et sentimental, rejeté et infect... Mais qui est Peer Gynt ?

J'ai découvert cette pièce lorsque nous sommes allés la voir dans le cadre de mes cours de théâtre, et je l'avais beaucoup aimée (moi qui suis incapable de survivre passé 10h du soir, j'ai pu regarder les 4h45 du spectacle sans broncher et sans fermer l'oeil). En revenant chez moi on m'a dit que l'un des CD que j'écoutais plus petite (et effectivement je visualise très bien la jaquette), qui étaient en vérité les musiques d'Edvard Grieg sur Peer Gynt. J'ai décidé de lire le livre, qu'on a acheté ; il se lit très bien, et je le conseille grandement.

Ce que je trouve le plus intéressant, dans l'oeuvre, c'est le passage d'un registre à un autre : en fait, ce sont les moments qui commençaient de la façon la plus comique qui se terminent sur la note la plus grave, voire la plus inquiétante (je ne donnerais pas d'exemple, car ça risquerait de vous faire perdre ce sentiment déroutant). Par ailleurs, la crise d'identité de Peer Gynt devient petit à petit un problème réel (disons que sa vie est en jeu, en quelque sorte), et la pièce se termine sur une incertitude. Par ailleurs on a droit à une grande galerie de personnages parfois vraiment spéciaux (le fondeur de boutons, le roi de Dovre, la mère de Peer, les fous, le grand Courbe, le passager du bateau...), tantôt drôles tantôt malsains (et c'est en étant malsains qu'ils sont drôles ; je fais notamment référence à l'homme plume et au passager du bateau, qui sont vraiment des cas sociaux) mais dont la rencontre avec Peer Gynt sera généralement traumatisante pour ce dernier.

http://i31.tinypic.com/35hmqg6.jpg

J'aime beaucoup cette illustration en couverture (c'est d'Arthur Rackham, d'après ce qui est écrit derrière) : Peer Gynt devant le roi de Dovre.

Message édité par Omniscient Naratress le 22-06-2008 à 11:27

Hiedroki

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Messages : 16
Localisation : papouasie du limousin

Posté le 23-06-2008 à 18:39:58  Voir le profil de Hiedroki Envoyer un message privé à Hiedroki 

hé bien hé bien t'as l'air vraiment passioné toi ^^ c'est cool d'etre motiver comme ça, ça donne envis.
moi la dernière piece que j'ai vus c'étais SEMIANIKI, http://image.evene.fr/img/agenda/evt/g/16657.jpg
je ne me rappel plus du metteur en scène mais c'était vraiment super chouette. à la fois du spéctacle, à la fois du théatre, sans trop en faire ni en dire. un super jeux de mime et d'acteur. la chose qui m'a le plus plus dans cette piece c'est l'intensité avec laquelle on ressent l'expréssion des acteurs. on à vraiment l'impréssion de les entendres parler, rire hurler. l'imaginaire est totalement impliquer et présent.
je la recomande à ceux qui peuvent la voir.

TAINNNNNNNNNN CE GOB !!!!!!!

Arwen

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Messages : 139
Localisation : Quelque part entre une guitare, une flûte, deux trois partoches, de beaux nuages cotnneux, une feuille de canson, un pinceau, un crayon et un bon bouquin... Niark, bonne chance pour me trouver! ;p

Posté le 28-06-2008 à 11:23:18  Voir le profil de Arwen Envoyer un message privé à Arwen 

Je ne connaissais que la version musicale de Peer Gynt...intéressant de savoir qu'il est aussi joué au théâtre :)

J'aime... lui

Omniscient Naratress

Inscrit le : 22 juin 2008
Messages : 17
Localisation : Ile de France

Posté le 28-06-2008 à 20:42:59  Voir le profil de Omniscient Naratress Envoyer un message privé à Omniscient Naratress 

Disons qu'à la base Peer Gynt est une pièce de théâtre... Ou plutôt une histoire écrite sous forme de pièce, parce qu'en vérité c'est quasiment injouable (disons que le texte a été écrit par Ibsen plus pour être lu que pour être monté).
Après coup Ibsen a demandé à Grieg d'en a faire la musique.

Brathanaëlle

Inscrit le : 13 avr 2008
Messages : 211
Localisation : Marseille

Posté le 07-07-2008 à 00:42:32  Voir le profil de Brathanaëlle Envoyer un message privé à Brathanaëlle 

Ooooh... mais mais dans mes bras !
Je suis en khâgne spécialité théâtre ! On risque de parler de plein de trucs...

J'ai vu "juste la fin du monde" de Lagarce à la comédie française, et même si je trouve la langue trèèèèèès intéressante, j'ai eu beaucoup de mal à suivre... c'est difficile à jouer comme texte, je trouve.

http://img119.imageshack.us/img119/5277/bannire1np1.jpg

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